Le gouvernement doit dévoiler ce lundi les mesures visant à réformer l'admission post-bac, après avoir ouvert la voie à une sélection pour l'entrée à l'université. Mais pour ne pas heurter les futurs bacheliers, d'autres pistes sont également évoquées, comme une formation de remise à niveau obligatoire.

Avant l'entrée à l'université, les bacheliers devraient avoir à effectuer une formation de remise à niveau obligatoire dans les filières les plus engorgées
Avant l'entrée à l'université, les bacheliers devraient avoir à effectuer une formation de remise à niveau obligatoire dans les filières les plus engorgées © Maxppp / Guillaume Bonnefont

Faut-il sélectionner à l'entrée à l'université, au risque de toucher à un grand principe de la République, le principe d'égalité, d'accès pour tous à l'université ? C'est ce lundi matin qu'Edouard Philippe et Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur, vont dévoiler les nouvelles conditions d'entrée à la fac, après le naufrage de l'admission post-bac cet été. C'est un dossier complexe et délicat pour le gouvernement.

La sélection à l'université, Emmanuel Macron en a ouvert la voie fin août. : "Nous ferons en sorte que l'on arrête de faire croire à tout le monde que l'université est la solution pour tout le monde." Pour absorber les 40 000 bacheliers supplémentaires qui frappent désormais chaque année à la porte des facultés, il semble clair que le gouvernement n'entend pas construire de nouvelles universités. D'ailleurs, le budget 2018 ne le prévoit pas. 

Le tirage au sort forcé a ouvert la voie à la sélection

Ajoutez l'opinion publique qui semble mûre pour la sélection : dans les différents sondages, la majorité des Français y sont favorables, écœurés par le tirage au sort cet été. Mais de l'autre côté, les syndicats étudiants en ont fait une ligne rouge à ne pas dépasser et rejette la sélection : l'étudiant doit avoir le dernier mot. Sinon, menace ultime, ils manifesteront. 

Le gouvernement va donc a priori pencher pour une voie médiane, dire par principe oui aux étudiants, mais pour certains, il faudra passer par un sas, une remise à niveau obligatoire avant la fac. Quitte à en dissuader une partie.

"Très bien, si cela peut favoriser la réussite en première année", juge Thomas Le Corre. Mais le porte-parole du SGL, le syndicat général lycéen s'inquiète de savoir si les moyens financiers pour le mettre en place seront suffisants.

"Ce que l'on craint, c'est que l'on organise des formations en tête d'affiche pour calmer les élèves et les parents" explique-t-il, mais derrière, une formation "marginale" sans vraiment de moyens dévolus.

La sélection pourrait n'être instaurée que pour STAPS, la filière sport la plus en tension. Et pour désamorcer les désengorgements, d'autres mesures devraient être évoluer, notamment la fin du classement des vœux d'affection, remplacée peu ou prou par un avis du conseil de classe pour ces vœux d'orientation des lycéens.

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