Lors de la mobilisation du 19 mai contre la réforme des collèges.
Lors de la mobilisation du 19 mai contre la réforme des collèges. © MaxPPP

Pour la deuxième fois en trois semaines, les enseignants se mobilisent. Une intersyndicale représentant 80% de la profession appelle à une journée de grève et de manifestants pour réclamer le retrait de la réforme des collèges et la reprise des discussions.

D'après le ministère de l'Éducation nationale, le taux de grévistes est moins important que lors de la mobilisation du 19 mai : 11,90% contre 27,6%. Le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, fait état d'"un peu moins d'un enseignant sur trois" en grève dans les collèges. Il faut dire que les enseignants sont pris par les conseils de classes, et certains collèges et lycées sont en pleine préparation du bac. Mais sur le terrain, l'opposition à cette réforme est très large.

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C'est le cas dans ce collège de la banlieue parisienne, où s'est rendu Sonia Bourhan, spécialiste éducation à France Inter. "Affichage", "bricolage", voilà comment la réforme des collèges est qualifiée ici. Les professeurs estiment qu'elle ne résoudra pas les difficultés des élèves. Bien au contraire :

On nous explique que la solution aux problèmes du collège, c'est de faire de "l'interdisciplinarité". Dans les établissements, on rigole bien, car on en fait déjà ! Le problème, c'est qu'on n'a pas les moyens de le faire correctement.

Pour autant, les enseignants souhaitent un changement :

Nous ne sommes pas pour un statu quo et pour la défense du collège actuel qui nourrit les inégalités. Ce n'est pas notre discours. Nous sommes prêts à discuter d'une autre réforme et des moyens à mettre pour organiser par exemple des travaux en petits groupes. Parce que la vaste blague de "l'aide personnalisée pour tous" va conduire à une espèce de saupoudrage pour tout le monde qui, au final, n'aidera personne.

La publication du décret au soir même de la dernière journée de grève a été perçue comme une provocation. Et le mouvement risque de continuer : la publication de la circulaire d'application prévue avant la rentrée pourrait en effet relancer les hostilités.

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