Najat Vallaud-Belkacem
Najat Vallaud-Belkacem © Radio France / Anne Audigier

Najat Vallaud-Belkacem a détaillé sa réforme du collège mercredi. Elle prévoit de laisser plus d'autonomie aux établissements, de favoriser l'accompagnement personnalisé, l'interdisciplinarité et une deuxième langue enseignée dès la cinquième.

La réforme est censée entrer en vigueur à la rentrée 2016 et "ses grands axes" ne sont pas négociables a prévenu la ministre de l'Education.

Le projet prévoit que chaque collège puisse définir 20% de son emploi du temps, en fonction des besoins de ses élèves. Actuellement, 25% des élèves ne maîtrisent pas les bases à la sortie du collège. Il faut donc, selon le ministère, apprendre autrement. C'est le premier axe de travail : sortir de l'abstraction des disciplines.

Le collège est un des points noirs de la scolarité, il ne garantit pas l'acquisition des apprentissages de base.

Pour cela, les élèves auront desenseignements pratiques interdisciplinaires . A partir de la cinquième, des professeurs pourront travailler ensemble sur des projets, sur des expériences pratiques autour de huit thèmes, par exemple le développement durable, la citoyenneté, la santé, ou le monde professionnel. Aucune discipline ne perdra d'heures assure la ministre de l'Education.

Illustration avec ce reportage de Célia Quilleret dans un collège de Seine-et-Marne.

Autre projet : l'accompagnement personnalisé pour tous les élèves . Trois heures par semaine en sixième, puis une heure minimum à partir de la cinquième. Les élèves en difficulté pourront acquérir des méthodes de travail, les élèves plus à l'aise pourront approfondir leurs connaissances. 4 000 postes d'enseignants seront dégagés pour ce suivi en petits groupes.

Troisième nouveauté : l'apprentissage d'une deuxième langue vivante dès la classe de cinquième .

Ecoutez ce qu'en pensent les collégiens et professeurs qu'a rencontrés Sonia Bourhan..

Pour tous ces changements, les établissements auront uneplus grande marge de manoeuvre dans les choix d'organisation. Avec une consigne à respecter : la pause déjeuner devra durer une heure trente pour permettre aux élèves d'avoir une vraie coupure dans la journée.

Les syndicats divisés

Pour Christian Chevalier du syndicat UNSA, ces mesures vont globalement dans le bon sens.

On libère des énergies. Le ministère nous dit : Nous vous faisons confiance pour adapter l'enseignement au public qui est le notre.

Mais la ministre de l'Education va devoir convaincre des syndicats attachés à l'intégrité des disciplines comme le SNES-FSU ou le Snalc, alors que les réformistes comme le SE-Unsa et le Sgen-CFDT demandent eux plus d'interdisciplinarité. Il reste aussi beaucoup de points à préciser pour Valérie Marty, la présidente de la PEEP, deuxième fédération de parents d'élèves.

Le texte doit désormais être discuté avec la communauté éducative pendant un mois. Cette réforme est financée sur les 60 000 créations de postes promises par François Hollande pendant le quinquennat, avec des "heures-professeurs" totalisant l'équivalent de 4 000 postes , à répartir entre 7 000 collèges qui scolarisent 3,2 millions d'élèves.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.