C'est une petite révolution. Avec la réforme du lycée, le "groupe classe" a explosé dans bon nombre d'établissements. Le ministère de l'Éducation nationale n'avait pas anticipé ces conséquences et laisse les chefs d'établissements trouver eux-mêmes une nouvelle organisation des conseils de classe.

Comment tenir un conseil de classe lorsque les élèves suivent des spécialités différentes et qu'il peut y avoir jusqu'à 35 à 40 enseignants pour une même classe...
Comment tenir un conseil de classe lorsque les élèves suivent des spécialités différentes et qu'il peut y avoir jusqu'à 35 à 40 enseignants pour une même classe... © Getty / LE PARISIEN / Olivier CORSAN

Les élèves de première suivent désormais des enseignements communs (Français, histoire-géo, langues, enseignement scientifique, EPS) et trois enseignements de spécialités. Dans une même classe, les élèves n'ont pas les mêmes professeurs selon leurs spécialités et selon les groupes auxquels ils appartiennent. Le nombre d'enseignants intervenant dans une classe a doublé dans certains établissements. 

L'organisation des conseils de classe en est modifiée. Un vrai casse-tête auquel les proviseurs sont une nouvelle fois confrontés. 

Deux cas de figure se profilent. Le premier, dans des établissements de grande taille principalement : lorsque les élèves sont regroupés par spécialités dans les classes, le conseil de classe ne sera pas bouleversé. Par exemple, si une classe complète a été formée avec des lycéens qui ont choisi les spécialités mathématiques, physique-chimie et SVT, l'organisation restera analogue à celle que l'on connaissait déjà. Seuls quelques professeurs supplémentaires assisteront au conseil de classe. 

Professeurs de spécialités représentés par écrit

Dans le deuxième cas de figure, lorsque les élèves d'une même classe suivent des spécialités différentes et parfois la même spécialité avec des professeurs différents, il peut y avoir jusqu'à 35 à 40 enseignants pour une même classe ! Dans ces conditions, planifier un conseil de classe s'avère impossible. Il faut en effet réunir la direction du lycée, le Conseiller Principal d'Éducation, tous les professeurs, les parents délégués, les délégués élèves... 

"Quel intérêt d'avoir 50 personnes réunies autour d'une table pour parler d'un élève ? s'interroge Florence Delannoy, du SNPDEN, syndicat des chefs établissement, et proviseure d'un lycée rural près de Lille. Je crois que la productivité serait assez faible". Dans son lycée, elle a donc opté pour "des conseils de classe articulés autour de la présence des professeurs dit 'du tronc commun', c'est-à-dire le Français, les langues, l'EPS, etc. Et les professeurs de spécialités seront représentés par écrit et par un de leurs collègues qui représentera l'ensemble des enseignants de spécialités". 

Les proviseurs et les syndicats d'enseignants restent pour la plupart attachés au conseil de classe

Il s'agit d'un moment d'échanges important, pour faire le bilan sur les résultats de l'élève, son orientation. Mais le concept va forcément évoluer. Il faudra choisir entre deux modèles : l’un qui privilégie les enseignements communs, l’autre les enseignements de spécialités. Les professeurs principaux ou des professeurs référents devront plus souvent faire le lien avec leurs collègues qui ne pourront pas assister à tous les conseils de classe. Les commentaires écrits seront beaucoup plus fréquents. 

Le comité de suivi de la réforme du lycée devrait faire des propositions en décembre au sujet des conseils de classe. D'ici là, les proviseurs auront déjà inventé de nouvelles formules. Les conseil de classe du premier trimestre vont se tenir à partir de fin novembre

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