[scald=106635:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Les responsables des communautés juive et musulmane ont mis en garde mercredi contre tout amalgame ou exploitation politique des tueries de Toulouse et Montauban dont l'auteur présumé, qui se revendique d'Al Qaïda, est assiégé par la police.

Reçus à l'Elysée pour la deuxième journée consécutive par Nicolas Sarkozy, qui avait promis de les informer personnellement de toutes les évolutions de l'enquête, ils ont tenu à afficher leur unité et leur solidarité.

"Il est hors de question pour nous de faire l'amalgame entre l'islam, une religion parmi les autres religions sur le territoire français, et des expressions terroristes qui sont un danger pour notre République", a déclaré à la sortie le président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), Richard Prasquier.

Le grand rabbin de France, Gilles Bernheim, a dénoncé l'existence d'"actes monstrueux dont la finalité chez ceux qui les commettent est d'opposer les juifs aux musulmans et les musulmans aux juifs".

"C'est peut-être, je dis bien peut-être, ce qui a été voulu par le monstre qui a commis ces actes à Montauban et à Toulouse (...) notre présence, musulmans et juifs ici, a aussi pour volonté de marquer notre amitié et notre fraternité", a-t-il ajouté.

Pour le président du Conseil français du culte musulman, Mohammed Moussaoui, l'auteur présumé des tueries qui ont fait sept victimes - trois enfants et un enseignant d'une école juive de Toulouse et trois militaires - a agi "avec horreur, préméditation et ne peut en aucun cas le faire, le justifier à travers la religion musulmane".

MARCHE ANNULÉE

"Les musulmans et la communauté juive de France ont souhaité afficher cette union hier, et aujourd'hui encore plus forte, pour dire que l'union nationale doit continuer et repousser ensemble toute forme de terrorisme et toute forme d'intolérance, a-t-il déclaré.

Gilles Bernheim a dit "toujours" redouter "une récupération politique, une manipulation politicienne" après ce genre d'événements.

S'en faisant l'écho, Mohammed Moussaoui a estimé que "toute instrumentalisation politique des faits et de ce qui s'est passé serait une honte pour celui qui le tente", ajoutant : "Nous espérons vraiment que nos hommes politiques seront à la hauteur".

Gilles Bernheim a condamné aussi par avance "tout amalgame qui pourrait être fait entre une situation politique internationale qui se joue au Proche-Orient et l'acte monstrueux" de Toulouse et Montauban.

Prévue dimanche, la marche commune à la mémoire des victimes dont les deux communautés avaient annoncé l'organisation à l'issue de leur première visite à l'Elysée, lundi, a été annulée "parce qu'elle n'a plus lieu d'être", a dit Richard Prasquier.

Mais des imams devraient participer à une cérémonie prévue ce mercredi après-midi au mémorial de Drancy (Seine-Saint-Denis), le camp d'internement à partir duquel de nombreux juifs sont partis vers les camps d'extermination pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a annoncé que tous les musulmans de France étaient conviés à participer à l'issue des prières de vendredi à la "prière de l'absent" à la mémoire des victimes.

Gilles Bernheim a demandé de son côté à tous les rabbins de France "de réciter des psaumes samedi en mémoire des victimes juives et non juives de ces dernières journées". Un office spécial sera célébré lundi soir à la grande synagogue de la rue de la Victoire, à Paris.

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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