Renault a annoncé le lancement en septembre prochain à Paris d'une offre de véhicules électriques en autopartage qui prendra la relève du service Autolib du groupe Bolloré. Peugeot et Citroën devraient suivre.

La Ville de Paris a conclu un accord avec Renault pour faire une offre d 'autopartage aux Parisiens
La Ville de Paris a conclu un accord avec Renault pour faire une offre d 'autopartage aux Parisiens © AFP / Ville de Paris

Cette offre, qui commencera avec le déploiement de la citadine Zoé, du mini-véhicule Twizy et de la fourgonnette Kangoo, devrait compter courant 2019 une flotte supérieure à 2.000 véhicules à Paris et en Ile-de-France, a dit Thierry Bolloré, directeur général adjoint de Renault, lors d'une conférence de presse commune avec la maire de Paris Anne Hidalgo.

Ce volume comprend des véhicules en libre service mais aussi des Zoé électriques du service de VTC Marcel, filiale de Renault.

"Paris a inventé les modèles Velib et Autolib, ces modèles sont en crise pour des raisons différentes, mais Paris a inventé l'autopartage", a déclaré la Maire de Paris.

Lancé en fanfare en 2011 sous Bertrand Delanoë, le dispositif Autolib, fort de 150.000 abonnés a peu à peu perdu du terrain face aux changements dans les habitudes de déplacements et souffert de l'image dégradée de ses voitures souvent sales. Le service devait pourtant au départ dégager un bénéfice d'au moins 56 millions d'euros par an mais le groupe Bolloré, qui assurait le service, avait rapidement annoncé un léger, puis un lourd déficit, déclenchant un audit et finalement la résiliation du contrat, fin juin.

Après la résiliation anticipée du contrat Autolib, la Ville de Paris s'est tournée vers les constructeurs automobiles et les loueurs pour qu'ils proposent des alternatives en "free floating" - permettant de prendre ou de laisser son véhicule sans infrastructure dédiée.  

Les véhicules Renault de la nouvelle offre pourront ainsi se garer sur les 3.244 places libérées par les Autolib, mais pas seulement. En effet, ils seront rechargés par les équipes Renault et pourront se passer dans un premier temps de l'accès aux bornes de recharge Autolib.  

Le nouveau service pourra donc être lancé sans attendre que les bornes Autolib, une fois privées du boîtier de pilotage dont le groupe Bolloré est propriétaire, redevienne opérationnelles pour les nouveaux opérateurs.  

La porte ouverte pour d'autres opérateurs 

Selon Anne Hidalgo le partenariat entre la Ville et Renault s'inscrit dans un cadre contractuel plus souple que l'accord pluriannuel qui était conclu avec le groupe Bolloré,  et il est ouvert à d'autres opérateurs.  

"Le travail avec Renault n'est pas exclusif, il y a d'autres groupes industriels qui sont partants pour partager cette expérience", a déclaré la maire de Paris.  

PSA a annoncé lui aussi son intention de lancer un service d'autopartage à Paris au quatrième trimestre, qui devrait compter dans un premier temps environ 500 véhicules.  En additionnant les nouvelles offres Renault et PSA, on obtient 2.500 véhicules électriques en autopartage en Ile-de-France, contre un total de 4.000 avec Autolib.

Interrogé sur l'investissement réalisé par Renault, Thierry Bolloré a répondu que la question était confidentielle. En marge de la conférence de presse, Christophe Najdovski, l'adjoint à la Maire en charge des Transports a indiqué que les nouveaux opérateurs en "free floating" proposeront leur service moyennant une participation forfaitaire de 300 euros par an et par véhicule pour occupation de l'espace publique avec les nouveaux véhicules.

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