Depuis un an et la loi de modernisation de la Justice du XXIe siècle, la procédure a été simplifiée. Mais ce que les Bretons, les Basques, les Béarnais ou les Occitans (entre autres) pensaient être l'aboutissement d'un long combat est encore loin d'être gagné.

En Bretagne, beaucoup portent des prénoms bretonnisés officieusement
En Bretagne, beaucoup portent des prénoms bretonnisés officieusement © Maxppp / Claude Prigent

Jusqu'en 1966, il était totalement interdit par l'État de donner à son enfant un prénom basque ou breton, ce qui a mécaniquement fait baisser leur nombre. Mais depuis qu'ils sont autorisés (au terme, notamment, de la longue bataille judiciaire d'une famille du Finistère), ces prénoms régionaux connaissent un succès grandissant. Environ un basque sur deux, par exemple, porte un prénom local.

En tout cas, pour les nouveaux-nés : ceux nés avant ce changement pouvaient techniquement faire changer leur prénom, mais cela relevait parfois du parcours du combattant. Du coup, de nombreux Bretons ont fait changer leur nom usuel officieusement, tout en conservant aux yeux de l'État civil un prénom "bien français".

C'était par exemple le cas d'Alan ar Gall, qui pour tout le monde s'appelait Alain Le Gall jusque dans les années 60. "Ce nouveau prénom, je l'ai conservé toute ma vie, dans le milieu culturel notamment."

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Depuis un an, il suffit de déposer un dossier à la mairie du lieu de résidence ou du lieu de naissance et d'y expliquer les raisons du changement de prénom.

Un blocage demeure

Reste tout de même aux prénoms régionaux une limite majeure, soulevée en 2017 par les parents d'un petit "Fañch", dont l'état civil refuse d'inscrire le N tildé (ñ). Le tribunal d'instance de Quimper avait fini par les débouter, estimant qu'un prénom ne peut pas comporter certains "signes diacritiques". Accent circonflexe, tréma, oui, mais surtout pas de tilde notamment.

Or ce tilde inexistant en langue français existe dans les langues bretonne, basque ou gallèse. Suite à "l'affaire Fañch", la région Bretagne a même émis un vœu officiellement pour demander au ministère de la Justice l'autorisation de l'usage du tilde. Comme pour compléter ce qui avait été initié il y a 50 ans avec l'autorisation des prénoms régionaux.

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