La rentrée des classes a lieu dans les écoles françaises ce lundi. Alors que plusieurs pays ont maintenu la fermeture des écoles, notamment le Royaume-Uni où le variant du virus circule activement, fallait-il rouvrir les écoles ? Réponses avec Robert Cohen, immunologiste et président du Conseil national de la pédiatrie

La rentrée scolaire a lieu ce lundi 4 janvier dans les écoles, collèges et lycées en France
La rentrée scolaire a lieu ce lundi 4 janvier dans les écoles, collèges et lycées en France © AFP / ARIE BOTBOL / Hans Lucas

FRANCE INTER : Dans un contexte où l'épidémie reste à un plateau élevé, avec la menace du variant britannique, fallait-il maintenir la rentrée scolaire ?

ROBERT COHEN : "Bien sûr qu'il fallait la maintenir. On connaît les conséquences catastrophiques de la fermeture intempestive des écoles. Ce variant britannique est plus contagieux que les autres variants, en revanche il n'est pas plus contagieux chez les enfants que chez les adultes. On peut s'imaginer que ce variant s'installe en France dans trois semaines, un mois, deux mois... personne ne peut avoir cette donnée. On devrait fermer les écoles trois mois avant même d'avoir le moindre cas isolé chez l'enfant ? C'est complètement aberrant".

Cela suppose-t-il tout de même de mieux surveiller les écoles dans les semaines à venir ?

"Bien sûr. C'est cela, la question. La question est de se dire qu'il faut être prêt à dépister rapidement, si ce variant s'implantait non seulement dans les écoles mais aussi dans la population générale. Cela va tenir à notre capacité à non seulement faire des tests – ce que nous faisons déjà régulièrement et que nous pouvons encore renforcer – mais aussi à renforcer la capacité à repérer le variant par séquençage". 

En passant par des tests dans les lycées, par exemple ?

"Personnellement, sauf situation particulière, je ne suis pas un grand adepte des grands prélèvements. En revanche, la vigilance de tous les jours des médecins généralistes, des pédiatres, quand ils font un diagnostic de Covid chez l'enfant, d'avoir une procédure pour savoir comment déterminer si c'est le variant anglais, pour le repérer très rapidement, est utile. 

Tous les jours, nous avons des enfants qui vont à l'école et qui ont éventuellement de la fièvre : on les teste, et le plus souvent, fort heureusement, le test est négatif. Mais dans 3 à 5% des cas, il est positif. C'est important, dans ces cas-là, que l'on sache si c'est le variant anglais, parce que cela peut amener à prendre d'autres décisions. 

Pas de réticence, non plus, à la réouverture des cantines ?

"C'est probablement dans les cantines qu'il faudra faire le plus attention. En Angleterre, les professeurs et les adultes ne portaient pas de masque, ce qui est très différent de nous, les enfants non plus. La situation est très différente. 

Mais quel est le lieu où personne ne porte de masque à l'école ? C'est généralement à la cantine. C'est là qu'il faudra renforcer non pas le protocole sanitaire, mais son application".