Le lien entre l'Eglise catholique et l'Etat a été "abîmé" ces dernières années : ce sont les mots d'Emmanuel Macron lundi soir, lors d'un discours fleuve devant les Evêques de France, dans la grande nef du collège des Bernardins à Paris.

Emmanuel Macron s'est exprimé devant la Conférence des Evêques de France
Emmanuel Macron s'est exprimé devant la Conférence des Evêques de France © AFP / Ludovic Marin

Devant la Conférence des Evêques de France, sous la nef cistercienne du collège des Bernardins à Paris (une première pour un président de la République), Emmanuel Macron s'exprimait lundi soir en affichant une volonté, celle de "réparer" les liens entre l'Eglise et l'Etat. En clair : il a réaffirmé sa vision de la laïcité. A savoir un chef d'Etat garant de la liberté des cultes d'une part, et une Eglise qui doit exister dans la société française d'autre part, dans le débat public, que ce soit sur la question de l’accueil des migrants ou sur les débats sur la bioéthique.

Toute la soirée, Emmanuel Macron a tendu la main à l'Eglise. "Catholiques, engagez-vous politiquement", a-t-il lancé. "La République a besoin de vous. Catholiques, faites-vous entendre", a-t-il dit en substance, faisant clairement comprendre que ça n'a pas forcément été le cas, récemment, au sommet de l'Etat :

"En ce moment de grande fragilité sociale, je considère de ma responsabilité de ne pas laisser s'éroder la confiance des catholiques à l'égard de la politique." 

"On a trouvé toutes les raisons de ne pas écouter les catholiques, les reléguant par méfiance acquise et par calcul au rang de minorité militante contrariant l'unanimité républicaine" : est-ce une référence directe au mandat de François Hollande ? Au Mariage pour Tous ? Les mots ne sont bien sûr pas lancés au hasard devant cette assistance catholique. Engagée. Mobilisée pour partie dans la Manif pour Tous... Et qui s'était sentie balayée, méprisée malgré les rassemblements de centaines de milliers de personnes en 2012 et 2013 contre le mariage homosexuel.

"La rencontre de ce jour est porteuse de nombreuses significations : j'y vois en particulier celle d'une nation qui n'a pas peur de ses composantes, d'une nation qui associe plutôt qu'elle exclut", a salué Mgr Ponthier, président de la Conférence des Evêques. Après avoir entendu l'Eglise affirmer ses positions (accueil des migrants, aide aux plus démunis, mais ni euthanasie, ni GPA), Emmanuel Macron a tout de même précisé qu'il fallait trouver la limite, et que l'Eglise ne pourrait lui donner ni ordres, ni leçons de morale. 

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