A Bayeux, hommage a été rendu à cinq journalistes tués sur le terrain au Mémorial des Reporters. L'occasion d'en appeler à une plus grande protection des professionnels de l'info.

Le Mémorial pour les reporters à Bayeux
Le Mémorial pour les reporters à Bayeux © AFP / ARTUR WIDAK / NURPHOTO

Cela fait dix ans cette année que le Mémorial des reporters a été inauguré à Bayeux, qui réunit chaque année les journalistes engagés sur des théâtres de conflits. Le Mémorial, qui porte les noms de plus de 2 000 journalistes morts dans l'exercice de leur fonction, est cette année augmenté d'une stèle, sur laquelle on retrouve cinq "nouvelles" victimes :

  • Naji Jerf, assassiné en Turquie le 27 décembre 2015 ;
  • David Gilkey, photojournaliste tué en Afghanistan le 5 juin 2016 ;
  • Camille Lepage, photographe française retrouvée morte en Centrafrique en mai 2014 ;
  • Didace Namujimbo, journaliste de Radio Okapi (RD Congo), assassiné à Bukavu en novembre 2008 ;
  • Anna Politkovskaïa, dont le 6 octobre marque le dixième anniversaire de son assassinat à Moscou.

A cette liste, il faudra bientôt ajouter un nouveau nom : celui du Néerlandais Jeroen Oerlemans, photoreporter au magazine Knack, abattu par un tir de sniper en début de semaine.

Notre envoyé spécial Omar Ouhamane raconte :

Jeroen Oerlemans est le second reporter à être tombé à Syrte, en Libye, après le journaliste libyen Abdelqader Fsouk, tué en juillet dernier.

Une "escalade de la violence délibérée"

Reporters sans frontières rappelle que, en 2016, 59 journalistes ont été tués en mission contre 67 en l'année précédente. Jeudi soir, un documentaire sur James Foley, reporter américain exécuté en Syrie en 2014 par l'organisation État islamique (EI), était programmé en avant première française.

Pour l'organisation ce bilan plaide en faveur d'une protection pour les professionnels de l'information :

Cela témoigne d’une escalade de la violence délibérée contre les journalistes, pris pour cibles, et témoigne de l’insuffisance, sur le long terme, des initiatives en faveur de leur protection.

Christophe Deloire, le secrétaire général de Reporters sans frontières, demande "un mécanisme concret pour l’application du droit international sur la protection des journalistes". Il estime que "aujourd’hui, des groupes non étatiques perpètrent des exactions ciblées contre les journalistes, tandis que de trop nombreux États ne respectent pas leurs obligations. Les plus de 800 reporters tués ces dix dernières années doivent générer des réactions à hauteur de l’urgence : un représentant spécial pour la protection des journalistes auprès du secrétaire général des Nations unies doit être nommé sans tarder".

Le monument des reporters disparus inauguré le 6 octobre 2016 à Bayeux
Le monument des reporters disparus inauguré le 6 octobre 2016 à Bayeux © Radio France / Alexandra Ackoun

Samedi 8 octobre, le jury du Prix Bayeux-Calvados, qui récompense un reportage sur une situation de conflit ou ses conséquences pour les populations civiles, ou sur un fait d’actualité concernant la défense des libertés et de la démocratie, distinguera 8 projets : presse écrite, télévision, radio, photo, télévision grand format, web journalisme, jeune reporter photo et, pour la première fois, un prix image vidéo, décerné à un caméraman.

France Inter, qui mobilise tous les jours des journalistes sur des terrains de guerre, sera évidemment représenté.

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► ► ► Un jour dans le monde en direct de Bayeux le 6 octobre 2016

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