C'est une technologie qui date de... 1994. Pourtant, elle nous sert énormément en ce moment. Retour sur les origines du QR code, ce code barre amélioré au format carré, qui a fait son grand retour depuis le début de la pandémie.

Un exemple de QR code : celui-ci renvoie vers la page d'accueil du site de France Inter.
Un exemple de QR code : celui-ci renvoie vers la page d'accueil du site de France Inter. © Radio France / Xavier Demagny

Ce n'est, ni plus ni moins, qu'un code barre amélioré. Le fameux "QR code" a connu un retour en grâce ces derniers mois, à la faveur de la pandémie de coronavirus et des mesures mises en place pendant la crise sanitaire : à l'entrée des restaurants pour les "cahiers de rappel" numériques, sur les tables des terrasses pour consulter les cartes, pour le pass sanitaire et dans l'application TousAntiCovid. Mais quelle est l'origine de ces petits pictogrammes noir et blanc, "quick response code" (pour "code à réponse rapide" en français), qu'on retrouve désormais à tous les coins de rues ?

Quand a-t-il été créé ? 

Le QR code est revenu sur le devant de la scène ces derniers mois mais sa création ne date pas d'hier et cela fait même plus de 20 ans que type de code à flasher a fait son apparition. Né au Japon en 1994, il devait d'abord servir à aider le sous-traitant Denso Wave et rendre le traçage des pièces détachées dans les usines Toyota plus simple. Inspiré par le design du jeu de go, ce code à barre en 2D est formé de carrés noirs plus ou moins gros disposés sur un fond blanc. Utilisé dans un premier temps par d'autres entreprises, sa licence est rendue libre et gratuite en 1999 et le QR commence à se démocratiser au début des années 2000.

Quel est son principe ? 

Les QR codes peuvent contenir beaucoup d'informations. Des adresses web (pour renvoyer vers un lien sans avoir à taper une URL), du texte (comme avec les attestations de déplacement dérogatoires ou désormais le pass sanitaire), mais aussi des numéros de téléphone, des mots de passe Wi-Fi. Il peut aussi permettre d'envoyer un SMS ou déclencher un paiement.

Il existe plusieurs formats, selon lesquels le code peut enregistrer une quantité plus ou moins importante de données : au maximum, ces codes QR peuvent stocker jusqu'à 7 089 caractères numériques, 4 296 caractères alphanumériques. L'agencement de ces points définit l'information que contient le code.

Quelle est sa différence avec un code à barres classique ? 

Le premier avantage est justement le stockage de données : contrairement à un code à barres qui peut stocker seulement quelques caractères ou quelques chiffres, le QR code peut en stocker 100 fois plus. Mais il est aussi très simple à générer et à décoder. Pas besoin d'un scanner ou d'une "douchette" spéciale, le simple appareil photo d'un smartphone permet de le lire, un vrai plus il y a encore quelques années. Il existe d'autres formats, comme le flashcode ou encore le 2D-Doc (utilisé pour le pass sanitaire français), qui se basent sur la norme Datamatrix, souvent confondus avec le QR code.

Pourquoi l'avait-on un peu oublié ?

Parce que malgré sa simplicité de création et d'usage, le QR code a connu une sacrée traversée du désert. Promis à un avenir exceptionnel, il fait d'un coup irruption un peu partout (dans les commerces, les transports, parfois même à l'excès ou à des endroits... inscannables).

Sauf que dans les années 2010, les connexions à l'internet mobile coûtent encore cher et tous les téléphones ne sont pas capables de flasher ces codes : il faut souvent installer une application exprès. Il faut par exemple attendre 2017 pour que Apple ajoute une fonctionnalité de lecture intégrée à son appareil photo. Aujourd'hui, tous les smartphones permettent de les scanner facilement, le plus souvent directement depuis l'appareil photo ou via une application, pré-installée sur le téléphone.

Pourquoi est-il désormais si utilisé en France ?

Très utilisé en Asie (dans la presse, comme moyen de paiement), le QR code a donc mis du temps à se populariser en France. Mais en ces temps de pandémie, il prouve tout son intérêt. Alors qu'il est recommandé de toucher le moins de surfaces possibles, il répond présent pour permettre de communiquer des informations ou, pour les cafés et restaurants, d'éviter de tendre un menu sur papier.

Depuis quelques semaines, l'application TousAntiCovid permet de scanner un code en entrant dans un établissement de restauration pour être prévenu en cas de cas contact. Le QR code est aussi utilisé dans le cadre du pass sanitaire. Plus anecdotique, le QR code a inspiré graphistes et artistes ces dernières années, qui en ont fait un marqueur visuel de notre siècle.

Y a-t-il un danger ?

En théorie, si vous vous limitez à flasher des codes émis par des tiers bien identifiés (autorités de santé, commerces connus, etc.), a priori pas de danger. Mais en flashant un QR code permettant d'ouvrir une URL, vous n'êtes pas à l'abri de vous faire piéger avec une adresse malveillante. Les données peuvent aussi être recueillies au moment du scan. Si votre téléphone vous demande de confirmer avant d'ouvrir la page une fois le code flashé, cela peut vous permettre de vous assurer qu'il s'agit d'un site connu.