La dynamique de l'épidémie est "forte", avec 45.000 nouveaux cas recensés ces dernières 24 heures. Mais il est trop tôt pour décider de nouvelles mesures de restrictions, comme la fermeture des écoles, dans les régions où le virus circule le plus fortement.

Olivier Véran, lors de sa conférence de presse, jeudi 25 mars.
Olivier Véran, lors de sa conférence de presse, jeudi 25 mars. © AFP

La hausse des contaminations s'accompagne d'une augmentation inquiétante des hospitalisations, dans plusieurs départements, a affirmé Olivier Veran jeudi soir, soulignant la dynamique "forte" de l'épidémie dans le pays : 45.000 nouveaux cas ont été recensés ces dernières 24 heures. Le ministre de la Santé a confirmé que l'Aube, la Nièvre et le Rhône seront, à compter de vendredi minuit, concernés par les restrictions "renforcées", au même titre que 16 autres départements, depuis jeudi dernier. 

"Après concertation" avec les élus et les préfets, "il est apparu indispensable d'amplifier les mesures de protection" dans ces départements où la pression épidémique est "alarmante", a-t-il indiqué.

Plus de 800 lits de réa en plus en Île-de-France

"La pression hospitalière, déjà forte, va continuer de monter dans les prochains jours", a déclaré Olivier Véran. Le nombre de patients atteints du Covid-19 en réanimation a continué de progresser ce jeudi, dépassant les 4.700 personnes, se rapprochant du record de la deuxième vague à l'automne. 

En Île-de-France où la situation est particulièrement tendue sur ce point, 1.400 lits de réa sont occupés par des malades Covid et l'objectif est d'arriver à 2.250 lits armés pour la réanimation pour ces patients Covid. Pour arriver à atteindre ce seuil, "entre 35 et 40% des activités ont été déprogrammées, et à terme, ce sont sans doute 80% des activités qui devront être déprogrammées". La semaine dernière, 36 évacuations sanitaires ont été réalisées au départ des Hauts-de-France, de la région Sud et de l'Île-de-France. 

Un rajeunissement des malades en soins critiques est aussi constaté : "Comme beaucoup de réanimateurs en témoignent, le profil de ces patients change, plus jeunes et parfois sans comorbidité."

"Pas un confinement mais 50 nuances de mesures"

"Il n'y a pas un confinement, il y a cinquante nuances de mesures qui tiennent compte de la situation épidémique et de ce que nous savons du virus. La situation est évolutive parce que le virus ne circule pas toujours à la même vitesse, parce que des variants sont apparus, parce que la vaccination change la donne", a précisé le ministre, répondant aux critiques sur le flou entretenu par les dernières mesures prises. 

"Cette épidémie est évolutive. Le choix qu'a fait le gouvernement, c'est le choix de la confiance", a poursuivi Olivier Véran. Selon lui, la décision de confiner de façon stricte ne peut être prise "que lorsque toutes les autres options n'ont pas suffi à endiguer l'épidémie". Surtout, ajoute le ministre, "il est trop tôt (...) pour juger si les mesures sont efficaces et suffisamment efficaces". Selon lui, les mesures prises jeudi dernier pourraient montrer leurs premiers effets ce week-end ou début avril. 

Fermeture des écoles : en dernier recours

La fermeture des écoles, suggérée par certains médecins, est décision "de dernier recours que nous voulons à tout prix éviter", a estimé Olivier Véran. "Nous savons que cela aurait des conséquences très lourdes sur le développement des enfants et sur le quotidien des parents."

Mais le ministre a ajouté que le gouvernement ne "niait pas que le virus peut aussi se transmettre à l'école, puis de l'école vers les familles". Il y aura "un après Covid bientôt" et, pour Olivier Véran, "être parvenus à maintenir les écoles ouvertes sera une force pour la jeune génération".  

Plus de 10 millions de vaccinations mi-avril

Sur la vaccination, Olivier Véran a confirmé l'objectif de vacciner "plus de 10 millions de personnes à la mi-avril", "soit une majorité des personnes les plus vulnérables". "Tout simplement parce que la production mondiale de vaccins augmente et que les livraisons de vaccins à la France augmentent. (...) À la mi avril, nous tiendrons les objectifs fixés. Avec en ligne de mire l'espoir immense du retour à la normale", a-t-il poursuivi. 

À compter de samedi, la vaccination sera ouverte aux plus de 70 ans, a rappelé le ministre de la Santé. Ces derniers pourront recevoir leur injection en centre de vaccination, chez leur médecin ou en pharmacie. Olivier Véran a appelé les plus de 75 ans qui n'ont pas encore bénéficié d'un vaccin à se manifester. Une campagne d'appels téléphoniques "systématique" sera mise en place par l'Assurance maladie et 3 000 personnes seront mobilisées pour le faire. 

Pour la suite de la campagne, "nous aurons besoin de bras", a-t-il reconnu, appelant "tous les étudiants en santé et tous les professionnels de santé retraités à prêter main forte pour la vaccination et dans les hôpitaux quand ils le peuvent, comme ils l'ont déjà fait depuis un an".

Les règles qui s'appliquent dans les 19 départements

Dans les 19 département concernés dorénavant par des mesures de freinage, le couvre-feu continue de s'appliquer de 19 heures à 6 heures et : 

  • les rassemblements en extérieur ne doivent pas dépasser six personnes ; 
  • les déplacements sont autorisés lorsque c'est dans un rayon inférieur à 10 km, sans attestation, sans durée ; 
  • les déplacements inter-régionaux sont interdits, sauf motif impérieux ou professionnel ; 
  • les commerces de première nécessité restent ouverts tout comme les écoles maternelles et primaires, collèges et lycées (en demi-jauge).