[scald=65211:sdl_editor_representation]par Chris Francescani et Sharon Reich

NEW YORK (Reuters) - Des centaines de manifestants anti-Wall Street ont tenté jeudi de relancer leur mouvement en défilant en direction de la Bourse de New York, où une forte présence policière les attendait.

Aux cris de "We are the 99%" - "Nous sommes les 99%" auxquels, selon eux, le système financier ne bénéficie pas -, ils se sont divisés en petits groupes pour tenter d'entrer dans Wall Street, la rue de la Bourse.

La police les a maintenus sur les trottoirs à coups de matraques et avait procédé, selon un porte-parole, à une cinquantaine d'arrestations à 10h00 locales (15h00 GMT).

"J'espère qu'ils vont réussir à faire fermer la Bourse pour la journée et qu'avec leurs efforts ils convaincront le gouvernement de réguler la finance", a dit Paul Layton, un avocat se rendant au travail dans le quartier de Wall Street.

Le New York Stock Exchange a ouvert à l'heure prévue.

Les "indignés" new-yorkais ont aussi pu croiser des gens hostiles au mouvement, tel Derek Tabacco, qui portait à leur adresse une pancarte "Get a job" ("Trouvez un travail").

"Je perds de l'argent chaque minute qui passe", s'est plaint Mike Tupea, un chauffeur de taxi d'origine roumaine dont la voiture est restée bloquée 40 minutes par les manifestants.

Les manifestants étaient conscients qu'ils auraient peu de chances de s'approcher du symbole du capitalisme américain et que cette journée d'action risquait, par son côté provocateur, de se traduire par des arrestations massives et d'aggraver les relations déjà tendues avec la municipalité.

Ils prévoient plus tard dans la journée de bloquer 16 grandes stations de métro puis de revenir devant la mairie de New York avant de traverser le pont de Brooklyn.

"REPRENDRE NOS RUES"

Leur marche de reconquête intervient deux jours après le démantèlement du campement militant installé depuis le 17 septembre dans le parc Zuccotti, d'où la manifestation s'est élancée tôt dans la matinée.

"Je pense que c'est un beau moment pour reprendre nos rues, surtout après l'éviction", dit Rachel Falcone, 27 ans, venue de Brooklyn. "Il faut montrer que nous pouvons exister partout."

La plupart des manifestations du mouvement ont rassemblé plusieurs centaines de personnes mais un porte-parole a dit mercredi espérer des dizaines de milliers de participants.

Peter Cohen, 47 ans, est venu en costume pour améliorer l'image du mouvement. "J'ai un boulot et j'ai mis un costume car je suis fatigué de voir que le mouvement est décrit comme un mouvement de marginaux", déclare cet anthropologue. "Je ne cherche pas d'argent ni de travail. Je ne suis pas un militant professionnel, juste un citoyen normal."

Après le démantèlement de leur campement par des centaines de policiers dans la nuit de lundi à mardi, les militants ont été autorisés à revenir parc Zuccotti à condition de respecter les nouvelles règles, notamment l'interdiction d'y déployer des sacs de couchage et des tentes.

Mercredi soir, ils n'étaient qu'une vingtaine de militants sur place.

Le mouvement "Occupy Wall Street" entend dénoncer un système financier qui profite essentiellement aux entreprises et aux individus les plus riches. Les membres du mouvement se présentent comme les "99% qui ne tolèrent plus l'avidité et la corruption du 1% restant".

Ce mouvement des "Indignés" a essaimé depuis septembre dans de nombreuses villes américaines et donné lieu parfois à de vives échauffourées entre militants et policiers venus les évacuer.

Marine Pennetier et Clément Guillou pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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