Pour compenser le manque de métros ou de RER, de nombreux parisiens ont utilisé vélo pour se rendre au travail. Après plus d'un mois et demi de mouvement social, c'est devenu une véritable habitude chez les usagers qui réfléchissent à continuer après le retour à la normale.

Pendant la grève, de nombreux parisiens ont investi dans un abonnement vélib ou dans un nouveau vélo. Certains, comptent continuer à pédaler après la fin du mouvement.
Pendant la grève, de nombreux parisiens ont investi dans un abonnement vélib ou dans un nouveau vélo. Certains, comptent continuer à pédaler après la fin du mouvement. © Radio France / Marianne Yotis

Le vélo est-il le principal gagnant de la grève des transports à Paris ? Depuis le début de la grève, le 5 décembre dernier, selon les décomptes de la Ville de Paris, la circulation a doublé sur les axes principaux de la capitale, et même augmenté de 200% sur les nouvelles voies du REVe, le "Réseau express vélo" bâti notamment sur les quais de Seine. 

Pour rendre visite à ses clients pendant la grève, Corinne, qui travaille dans le conseil en ressources humaines, a sorti son vélo, qu'elle utilise d'habitude pour ses loisirs. 

"Je n'imaginais pas que le vélo, que j'utilise le week-end pour mes loisirs deviendrait un outil de travail", confie cette habitante du XIXème arrondissement. Après trois semaines à pédaler dans Paris et la banlieue, elle réfléchit à continuer après la grève... mais tout dépend du trajet. "Un trajet de 28 kilomètres comme je l'ai fait hier, je ne pense pas que je le ferais à vélo parce que c'est très contraignant. J'ai mis 1H30  parce que j'avais le vent de face, donc je ne pense pas prendre le vélo sur ce genre de trajets mais sur des trajets plus courts je me pose la question". 

Pour Corinne, le vélo est un moyen plus agréable de se déplacer en profitant du paysage. Pour Guillaume, un autre utilisateur, c'est surtout l'aspect pratique qui compte. Pour lui, prendre le vélo - même en dehors des grèves - c'est un bon moyen d'éviter les nombreux problèmes dans les transports et c'est parfois plus rapide : 

"On élimine le trajet entre son domicile et le métro et le métro et le travail donc ça réduit le trajet et c'est appréciable"

Après la grève, il est prêt à utiliser le vélo pour certains trajets professionnels mais lorsque la distance est longue, cet habitant de Saint Denis prévoit aussi d'utiliser la voiture. 

Améliorer les conditions de circulation ?

Le nombre d'utilisateurs de vélos a explosé pendant la grève. Au point que Myriam, qui pose son Vélib à la station, a parfois du mal à trouver des vélos disponibles. Mais pour elle ce succès sera de courte durée si la qualité de service ne s'améliore pas : "Il faudrait plus de vélos et surtout plus de vélos en bon état. Je pense que plus de gens testeraient cette solution avant de prendre un abonnement ou d'acheter un vélo. Cette grève c'était l'occasion inespérée pour eux d'attirer de nouvelles personnes", explique t'elle.

En parallèle du service Vélib, la présidente de la région Île-de-France a annoncé jeudi que l'offre de la région, nommée Véligo, allait "passer à la vitesse supérieure" en ce début d'année. Quelque 5 000 vélos électriques supplémentaires seront mis à disposition des Franciliens et des Franciliennes sur un modèle de location longue durée, pour six mois. Au total le parc de vélos électriques comptera donc 15 000 bicyclettes bleues.

Un autre facteur qui pourrait inciter les cyclistes à poursuivre après la grève : la sécurité. Une augmentation des pistes cyclables pourrait rentre les trajets à vélo plus rapides et moins dangereux, et donc encourager son utilisation au quotidien. Jeudi, la maire de Paris Anne Hidalgo, candidate à sa propre réélection, a promis la transformation de 60 hectares de places de stationnement en pistes cyclables d'ici à 2026, avec un "Vélopolitain" reprenant à la surface le tracé des lignes de métro.

Sur le même modèle, un collectif d'associations franciliennes nommé "Collectif vélo Île-de-France" a lancé l'idée d'un "RER V", plus vaste encore, sur toute la zone de desserte du RER. Elles appellent les élus de la région à lancer ce projet officiellement.

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