[scald=81049:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a présidé dimanche à l'Elysée une réunion interministérielle sur le sort de la compagnie maritime transmanche SeaFrance, menacée de liquidation, a-t-on appris auprès de Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Ecologie et des Transports.

Etaient présents le Premier ministre François Fillon, Nathalie Kosciusko-Morizet, Thierry Mariani (ministre des Transports), Michel Mercier (Justice), François Baroin (Economie), Eric Besson (Industrie) ainsi que le Commissaire aux investissements d'avenir René Ricol, a-t-elle précisé à Reuters.

"Nous avons fait un tour d'horizon de toutes les solutions possibles aujourd'hui pour les salariés. Le gouvernement est prêt à accompagner toutes les solutions qui permettront de préserver les emplois", a-t-elle ajouté.

Le tribunal de commerce de Paris doit réexaminer lundi le dossier, avec trois options: une liquidation, une solution de reprise par les salariés avec une Société coopérative et de participation (Scop) et d'éventuels investisseurs privés.

Le syndicat CFDT de l'entreprise, qui soutient le projet de Scop, a rejeté cette semaine une proposition de dernière minute du chef de l'Etat, qui a avancé l'idée que le salariés placent dans la Scop des indemnités de licenciement supplémentaires que leur verserait la maison-mère, la SNCF - donc indirectement l'Etat - afin de relancer l'activité.

Les représentants CFDT de SeaFrance ont repoussé cette idée qu'ils ne jugent viable ni juridiquement, ni économiquement, et souhaitent un prêt direct de l'Etat. Les salariés sont divisés et certains opposants à la solution CFDT condamnent l'idée d'une Scop, préférant une proposition de sociétés privées déjà repoussées par la justice, provenant de Louis Dreyfus Armateurs (LDA) associé à DFDS,

La CFDT Maritime maintient en l'état son projet de Scop, mais elle paraît isolée.

La CFDT nationale a désavoué la CFDT SeaFrance, à qui elle reproche dans un communiqué "des pratiques frauduleuses" et le fait de ne pas avoir examiné l'offre de reprise Dreyfus-DFDS.

Le tribunal de commerce de Paris a placé SeaFrance en liquidation judiciaire avec poursuite de l'activité jusqu'au 28 janvier.

Le dossier est devenu politique, à moins de quatre mois de la présidentielle. La gauche et les centrales syndicales condamnent l'idée de Nicolas Sarkozy de demander aux salariés de sacrifier leurs indemnités, qu'elles voient comme cynique puisqu'à leurs yeux cette solution ne peut pas fonctionner.

Thierry Lévêque et Emmanuel Jarry, édité par Henri-Pierre André

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