La Cellule investigations de Radio France évoquait déjà en novembre dernier, en partenariat avec l'ICIJ, les liens entre cancer et implants mammaires macro texturés, un type de prothèses qui favorise le développement de lymphomes anaplasiques à grandes cellules. L'ANSM s'apprête à les interdire.

Prothèse mammaire texturée
Prothèse mammaire texturée © Radio France / Élodie Guéguen

Il s'agit des implants les plus répandus en France : les prothèses mammaires texturées, par opposition aux prothèses lisses. Parmi elles, un type en particulier pose problème et va bientôt être interdit : les prothèses mammaires à enveloppe macro texturée, autrement dit des prothèses rugueuses. Six fabricants sont concernés par cette future interdiction par l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé). Elle devrait annoncer cette décision de police sanitaire lors d'un petit déjeuner de presse ce jeudi, mais a déjà prévenu les industriels concernés par courrier.

Dans cette lettre, que l'ICIJ (Consortium international des journalistes d'investigation, dont Radio France est membre) s'est procurée et que vous pouvez consulter ici, l'agence explique sa décision. Elle évoque "une augmentation significative, depuis 2011, des cas de lymphome anaplasique à grandes cellules" (LAGC). Une forme de cancer qui ne se développe que chez les porteuses de prothèses mammaires. En France, 59 cas ont ainsi été recensés, et plusieurs femmes en sont mortes.

Une première réaction en marge de notre enquête

Selon nos informations, la décision de police sanitaire sera effective à partir du vendredi 5 avril. Elle prévoit l'interdiction de mise sur le marché, la distribution, la publicité et l'utilisation des implants, mais aussi le retrait des produits "au vu du danger rare mais grave que leur implantation est susceptible de constituer", explique l'ANSM.

Les prothèses à enveloppe macro texturée ne seraient pas les seules à être dans le viseur de l'agence : elle envisage également l'interdiction des implants mammaires polyuréthane. Les fabricants concernés sont Allergan (l'un des leaders mondiaux dans son domaine), Arion, Sebbin, Nagor, Eurosilicone, Polytech.

L'ANSM avait déjà fait un premier pas (un peu forcé) en novembre 2018, en "recommandant" aux chirurgiens de ne plus poser que des implants à enveloppe lisse, moins dangereux que leurs équivalents macro texturés, dans l'attente d'une concertation sur le sujet. C'était juste avant la diffusion d'une vaste enquête menée par Radio France et ses partenaires sur la question.

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