Emmanuel Macron propose Roch-Olivier Maistre, un haut fonctionnaire et magistrat à la Cour des comptes, qui connaît bien la culture et les médias, pour diriger le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Une désignation surprise d'un inconnu du grand public avant une grande réforme de l'audiovisuel public.

Roch-Olivier Maistre
Roch-Olivier Maistre © AFP / PATRICK KOVARIK

Roch-Olivier Maistre, 63 ans, remplacera Olivier Schrameck à la tête du CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel). Les commissions des Affaires culturelles de l'Assemblée et du Sénat doivent encore se prononcer sur ce choix. La nomination devra être approuvée par ces commissions à la majorité des trois cinquièmes.

Roch-Olivier Maistre, chiraquien et grand commis de l'Etat

Roch-Olivier Maistre, ancien élève de l'ENA, né en novembre 1955 à Meknès (Maroc), est magistrat à la Cour des Comptes où il occupe depuis mai 2018 les fonctions de président de chambre et rapporteur général.  

Inconnu du grand public, ce grand commis de l'État connaît en revanche très bien l'univers de la culture et des médias. Il a démarré sa carrière en 1982 comme chef du bureau du théâtre à la Direction des affaires culturelles de la ville de Paris. Il a également été conseiller au ministère de la Culture, a dirigé la Comédie-Française (de 1993 à 1995) et a présidé le Conseil national du théâtre de 1996 à 2000.  Il a ensuite été conseiller pour l'éducation et la culture à l'Élysée, à l'époque de Jacques Chirac, au début du millénaire, avant d'intégrer en 2005 la Cour des comptes comme conseiller maître. Il a gravi les échelons au sein de cette instance, où il a été nommé l'an dernier président de chambre et rapporteur général.  

En plus de ses fonctions à la Cour des comptes, Roch-Olivier Maistre a continué de s'occuper de dossiers culturels et médiatiques : il a notamment été Médiateur du cinéma de 2006 à 2011, et a effectué plusieurs missions, en particulier sur les aides à la presse et sur le projet de création d'un Centre national de la musique.

Au CSA, pour une mission incertaine

Créé il y a 30 ans, le Conseil supérieur de l'audiovisuel est le régulateur de la télévision et de la radio, et exerce de multiples attributions, qui vont de la protection du jeune public à la nomination des patrons des entreprises de l'audiovisuel public (France Télévisions, Radio France...). Le Conseil est à la veille d'une réforme de l'audiovisuel public annoncé par le gouvernement. Il s'agirait notamment de retirer au CSA le pouvoir de nomination des les PDG de l'audiovisuel public.

Avant de quitter la présidence, Olivier Schrameck a présenté des propositions pour faire évoluer la régulation. Il a souligné les avancées principales obtenues sous son mandat, comme la création d'une union des régulateurs européens de l'audiovisuel (l'ERGA), l'extension des missions dans des domaines comme la lutte contre les stéréotypes sexistes, la prise en compte croissante des enjeux économiques dans un secteur bouleversé par la révolution numérique, et le développement d'une régulation plus souple, privilégiant le dialogue et l'échange aux avertissements et sanctions.  

Une dynamique qu'il espère que le CSA poursuivra, notamment en favorisant une "co-régulation" avec les opérateurs du secteur, et même une "supra-régulation", dans laquelle l'autorité leur déléguerait certaines procédures, sous sa supervision. "Nous serons en quelque sorte un régulateur au second degré : c'est ça pour moi l'avenir du CSA", a prédit Olivier Schrameck.  Pour l'avenir il préconise l'extension de certaines de ses compétences aux plateformes en ligne et aux réseaux sociaux, voire aux podcasts, et l'attribution de moyens d'enquêtes élargis, face au secret des affaires trop souvent brandi par les groupes privés.

Quant à celui  qui lui succéderait, il s'était contenté d'adresser ce message : "courage, courage, courage"

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