Expulsion d'un camp rom à Lille
Expulsion d'un camp rom à Lille © PHOTOPQR/VOIX DU NORD

La Commission européenne a une nouvelle fois menacé la France de sanctions en rappelant que les Roms, citoyens européens, ont le droit de circuler librement dans tous les Etats-membres de l'UE. Amnesty International appelle à mettre un terme aux "expulsions forcées".

Après les propos du ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, qui a répété mardi que les Roms avaient vocation à retourner en Roumanie ou en Bulgarie et jugé leur mode de vie en confrontation avec celui des Français, la Commission Européenne tape à nouveau du poing sur la table.

Atmosphère électorale

La Commission déplore une confusion "volontaire ou involontaire " dans les règles et principes européens faite par les responsables politiques en France. Et menace : "La libre circulation comme la liberté de résider dans un autre pays sont des droits fondamentaux ", déclare Olivier Bailly, le porte-parole de la Commission Européenne, brandissant à nouveau la menace de sanctions si ces "principes " n'étaient "pas respectés ".

Le fait que la Bulgarie et la Roumanie ne soient pas membres de Schengen n'empêche nullement leurs citoyens de circuler dans l'UE au titre des libertés fondamentales. (Olivier Bailly)

"Il y a de l'élection en l'air en France ", résume Viviane Reding, la vice-présidente de la Commission chargée de la Justice alors que les élections municipales se tiendront dans six mois.

Le rapport d’Amnesty international

Genevieve Garrigos, presidente d'Amnesty International France
Genevieve Garrigos, presidente d'Amnesty International France © xavier de torres/MAXPPP

La colère monte également du côté d’Amnesty International qui publie un rapport de 50 pages, se basant sur des études de terrain à Lille, Lyon et en Ile-de-France.

Le nombre d'expulsions est même "en augmentation et des records ont été atteints pour l'année 2012 et l'été 2013 ", selon l'organisation humanitaire, citant des chiffres de la Ligue des droits de l'Homme et l'European Roma Rights Center.

En 2012, 11.982 migrants roms ont été chassés des squats et bidonvilles, et ils étaient 10.174 au premier semestre 2013 , soit "un nombre jamais atteint depuis le début des recensements en 2010 ", souligne Amnesty.

Pas de solutions alternatives

Amnesty déplore que les expulsions forcées continuent, "le plus souvent sans que des logements alternatifs soient proposés. Les Roms sont rendus sans abri, contraints à se réinstaller dans d'autres campements de fortune et à recommencer à zéro. Cela entraîne une dégradation de leurs conditions de vie, une rupture de scolarisation et de suivi des soins ", précise Marion Cadier, chercheuse à Amnesty.

Enfin, Amnesty International dénonce "les propos de certains membres du gouvernement qui perpétuent les clichés et attisent les réactions l'animosité et de rejet ", citant notamment le ministre de l'Intérieur Manuel Valls.

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