Destruction d'un camp de Roms à Perpignan le 9 janvier 2014
Destruction d'un camp de Roms à Perpignan le 9 janvier 2014 © PHOTOPQR/L''INDEPENDANT / MICHEL CLEMENTZ

20 000 Roms ont été expulsés de leurs camps l'an dernier en France. Nombre record d'évacuations, deux fois plus qu'en 2012. C'est la conclusion d'un rapport présenté ce matin par la Ligue des droits de l'Homme (LDH) et de l'European Roma Rights Center.

Le gouvernement a procédé en 2013 à un nombre record d'évacuations de campements roms. Près de 20 000 personnes expulsées soit deux fois plus qu'en 2012. Un rapport a été présenté ce matin par la Ligue des droits de l'Homme (LDH) et l'European Roma Rights Center (ERRC).

D'après cette étude, les autorités ont démantelé 165 campements sur les 400 recensés en France, expulsant 19 380 personnes de leurs lieux de vie contre 9 404 en 2012 et 8 455 en 2011.

La situation est dramatique. Nous adressons au gouvernement un avertissement (Dominique Guibert, vice-président de la Ligue des droits de l'Homme)

Plus de la moitié des expulsions en Ile-de-France

Plus de la moitié de ces 20 000 expulsions ont eu lieu en Ile-de-France, principalement en Seine-Saint-Denis. C'est le département qui détient le record d'expulsions.

Parfois, les familles se réinstallent sur un site déjà démantelé selon l'un des auteurs de l'étude, Philippe Goossens. Et alors que les expulsions ralentissaient d'ordinaire à l'approche de la période hivernale, elles se sont maintenues au dernier trimestre 2013 avec 5.408 personnes expulsées, selon un décompte réalisé en recoupant les témoignages d'associations et les articles de presse.

Le ministre de l'Intérieur a toujours défendu les démantèlements de campements roms, au motif que, selon lui, "les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie".

En septembre, Manuel Valls avait également mis en doute la volonté des Roms de s'intégrer, ce qui avait provoqué une violente crise au sein du gouvernement. Pour ramener le calme, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait assuré que la politique de son équipe était définie dans une circulaire interministérielle d'août 2012.

Cette circulaire oblige les autorités à "accompagner" les démantèlements, en réalisant un "diagnostic social" des populations avant chaque évacuation et en leur proposant des solutions de relogement. Mais, sur les 165 évacuations réalisées en 2013, seules 74 ont été accompagnées de solution partielle de relogement, selon le rapport de la LDH et du ERRC.

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