C’est une expression qui signale un succès… Quelque chose qui s’arrache, c’est quelque chose qui se vend bien… Et ça marche également avec les personnes… Dans le milieu du cinéma, on s’arrache Angelina Jolie… Dans le milieu médiatique, on s’arrache Daniela Lumbroso, l’amie de Michèle Alliot-Marie… Et dans le milieu politique, on ne s’arrache plus du tout Michèle Alliot-Marie. La formule fonctionne aussi pour les livres… Dans les journaux, on nous dit qu’il y a des livres qui s’arrachent. On s’est arraché le dernier livre de Thomas Legrand… On s’est arraché le dernier livre de Nicolas Rey… Et depuis plusieurs mois, on s’arrache les livres du célèbre docteur Dukan, le monsieur des régimes. On entend même parfois que ses bouquins s’arrachent « comme des petits pains » ! Alors que les petits pains, ce n’est pas très conseillé dans les régimes. Encore que tout dépend ce qu’on met dessus. Ce n’est pas le pain qui fait grossir, c’est ce qu’on met dessus. Le beurre, la confiture ou le foie gras. Mais bon : on se les arrache. Sous-entendu, donc : il s’en vend un paquet. C’est ça que ça signifie. Mais au sens propre, franchement, on ne s’arrache pas un livre… Et un disque non plus. Sauf cas exceptionnel. Vous êtes à la FNAC et il ne reste plus qu’un seul exemplaire du CD de Demis Roussos, que vous avez prévu d’offrir pour la fête des grand-mères. Et hop ! Alors que vous vous approchez du disque, une vieille dame, justement, s’en empare devant vous… Là, évidemment, vous le lui arrachez ! « Mais arrêtez, c’est le mien ! » Elle vous l’arrache des mains à son tour ! « Mais non, c’est pour moi, je l’avais vu avant ! » Et hop ! Vous le lui ré-arrachez le bouquin. « Et si tu t’obstines, je t’arrache le bras ! » Ah ben oui, c’est violent, ce qui se passe parfois pour la grande musique ! C’est comme avec les vêtements lors des soldes : on s’arrache les meilleures affaires. Autrement dit : on se bat pour les obtenir. Et si on ne les obtient pas, on s’arrache les cheveux ! Métaphore, là encore. Car à moins d’être atteint de trichotillomanie, les cheveux, on se les coupe… Lorsque vous allez chez votre coiffeur, celui-ci ne vous dit pas : « Alors, alors, qu’est-ce qu’on va faire comme arrachement aujourd’hui ? » « Ben je voudrais le même arrachement que Pascale Clark… » « Hou loulou, c’est pas simple… Un arrachement pareil, ça nous prend la journée ! Vous ne préférez pas un petit arrachement au bol ? » Non, ce n’est pas comme ça que ça se passe. Les cheveux, habituellement, on ne se les arrache pas. C’est comme les ongles. On se les coupe. En revanche, on s’arrache les poils. Les femmes, surtout. Elles s’épilent. Et d’après ce que j’ai compris, ça fait un mal de chien… Mais on ne s’épile pas les livres, ça ne veut rien dire. Les petits pains non plus, on ne se les épile pas. Eventuellement, on les tartine. Et c’est là que ça fait grossir… On ne s’épile pas non plus Demis Roussos… C’est un trop grand chantier. Et on ne s’épile pas les vêtements ! Mais on peut se les arracher, même quand ils ne sont pas soldés ! C’est d’ailleurs souvent lorsqu’on commence à s’arracher les vêtements qu’on se dit : « Mince, j’aurais dû m’arracher les poils ! »

Encore qu’on peut aussi les raser… Les poils. Nous, les hommes, on se rase. Mais il ne faut pas raser les filles. Parce que, les filles, quand on les rase trop, au bout d’un moment, elles s’arrachent !

Chronique (Gimmick) du 18.03.2011 :

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