Ayant affirmé "Je suis chez moi en Guyane" à sa supérieure hiérarchique qui la traitait de "négresse", Henriette Henry est entendue ce jeudi à Paris pour des propos "racistes".

L'audience aura lieu au Ministère du Travail, à Paris
L'audience aura lieu au Ministère du Travail, à Paris © Maxppp / Francois Lafite/Wostok Press

Se faire traiter de "négresse" et passer ensuite en commission de discipline pour des propos "racistes"... c'est ce qu'il arrive à Henriette Henry, convoquée ce jeudi pour une commission de discipline au ministère du Travail, à Paris.

"Cela faisait cinq ans que je ne répondais pas"

Après un poste à Créteil, cette inspectrice du travail originaire de Guyane est mutée à Cayenne en 2010. Un poste qu'elle désirait ardemment, pour vivre de nouveau sur sa terre natale. Mais dès son arrivée, ses rapports avec sa supérieure s'avèrent extrêmement compliqués. Un jour de 2016, elle l'entend la traiter de "négresse".

"Je passe devant le bureau de cette dame, la porte était ouverte, elle a commencé à rigoler et j'ai entendu quelque chose qui se terminait par négresse", raconte-t-elle. Elle explique que "cela faisait cinq ans que je ne répondais pas, et j'y suis retournée après pour lui dire que ce n'était plus possible". Sa réponse : "Je lui ai dit devant tout le monde que j'étais ici chez moi, que je n'en pouvais plus".

► À ÉCOUTER | Le témoignage d'Henriette Henry recueilli par Julie Piétri

Plaintes "sans suite"

Henriette se se dit victime d'injures, de propos déplacés depuis plus de cinq ans. Et elle a des preuves, des écrits, des e-mails, et des témoins, assure son avocat. "Elle a écrit à sa hiérarchie en Guyane, à la hiérarchie ministérielle, elle a déposé plainte, mais tout ça est resté sans suite", selon Me Anthony Thiers.

On cherche à la sanctionner pour un propos futile alors qu'elle est victime.

Elle risque aujourd'hui une rétrogradation et une suspension pouvant aller jusqu'à deux ans. La fonctionnaire est soutenue par la CGT et par le syndicat guyanais UTG, qui parlent de "scandale".

L'affaire est délicate au sein d'un organisme emblématique, l’inspection du Travail, d'ailleurs déjà mise en cause sur son inaction ou sa gestion d'affaires similaires. Du côté du ministère du Travail, on fait savoir que la collègue d'Henriette Henry ne passera pas, elle, en commission de discipline. Mais elle "pourrait" être sanctionnée, même si ses agissements sont jugés "moins graves" car pas tenus en public.

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