Le gouvernement vient d'annoncer qu'à partir du 1er janvier 2022, les policiers pourront voyager gratuitement dans les trains de la SNCF. Une mesure qui ne concerne que leurs trajets domicile-travail, s'ils portent leur arme et s'ils préviennent le chef de bord. Un cadeau à la profession... parmi tant d'autres.

Gérald Darmanin a multiplié les déplacements dans les commissariats dès son arrivée à Beauvau.
Gérald Darmanin a multiplié les déplacements dans les commissariats dès son arrivée à Beauvau. © AFP / Nicolas TUCAT

Pour l'opposition, Emmanuel Macron soigne sa droite en rendant gratuit pour les policiers les trajets en train quotidien. Pour d'autres, comme le syndicat SNPC, ce n'est pas nécessairement un cadeau, c'est même un "service réciproque" puisque cette gratuité a une condition : que les agents aient sur eux leur arme et se signale auprès du contrôleur du train, à partir du 1er janvier 2022. Cela reviendrait donc à "travailler sur les heures de repos". Pour les trajets sur le temps libre, les agents obtiennent une réduction (25% de reste à charge, à couvrir par bon d’achat). Au 1er janvier 2023, gratuité totale. C'est là une nouvelle preuve de soutien ou d'amour de l'exécutif envers les forces de l'ordre. Au cours de son mandat, le gouvernement a dû en donner, des vraies, pour relever une profession à bout de nerfs, minée par les suicides et la défiance d'une partie de la population. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Revalorisation des salaires

On en répertorie plusieurs sur le quinquennat. On en compte déjà une en trois étapes entre 2018 et 2020, issue d'un protocole négocié entre le ministre de l'Intérieur de l'époque, Christophe Castaner, et les syndicats de policiers, en pleine crise des gilets jaunes. La première augmentation est entrée en application le 1er janvier 2019, la suivante le 1er juillet 2019 et la dernière le 1er janvier 2020. Une hausse d'un montant global qui varie entre 120 euros et 150 euros nets mensuels (dépend du grade). 

Mais cette revalorisation n'était qu'une des revendications salariales réclamées par les syndicats depuis plusieurs années. Parmi les autres figurait la question des heures de nuit. En réaction au mouvement de protestation des agents de la BAC (notamment ceux de nuit) en juin 2020 qui avait conduit à des manifestations de nuit, devant le Bataclan et la Maison de la radio entre autres, le président de la République en personne, lors d'un déplacement à l'improviste dans deux commissariats parisiens, avait annoncé une prime de 50 à 100 euros par mois pour les policiers qui travaillent de nuit.

Retraite des policiers : encore une exception

Le projet de réforme des retraites a fait couler beaucoup d'encre sur les tracts de syndicats de tous les métiers. Dans le public, les fonctionnaires de police ont rapidement fait comprendre au gouvernement dès décembre 2019, juste après la publication du rapport Delevoye qui traçait les grandes orientations du projet, qu'il n'était pas question de toucher à leur régime dérogatoire des retraites, avec notamment la possibilité d'ouverture des droits dès 52 ans et le départ à la retraite à 57 ans.

Les syndicats avaient alors appelé à un "black-out" partiel de leurs missions de maintien de l'ordre. Ils obtiennent gain de cause en quelques jours : le gouvernement maintient le régime dérogatoire des agents de terrain.

Promesse de recrutements

Des policiers qui achètent leur propre matériel de protection ou leurs stylos, des locaux vétustes et mal entretenus, des véhicules en nombre insuffisant et en panne et des effectifs de moins en moins adaptés à l'augmentation des missions… Les conditions de travail au quotidien sont dénoncées depuis des années. Emmanuel Macron avait promis 10 000 recrutements d'ici la fin de son mandat. Promesse qui sera tenue, selon le gouvernement, qui annonce régulièrement les postes créés dans les différents commissariats du territoire. Il y aura bel et bien "plus de bleu sur le terrain", selon ses propres mots.

Renouvellement du parc automobile

Depuis plusieurs mois, des efforts concrets ont été faits en matière de modernisation, dans la foulée des mesures prises par Bernard Cazeneuve pendant le quinquennat précédent. Le parc automobile est en cours de renouvellement avec des véhicules flambant neufs, des voitures thermiques et électriques, mais aussi des motos et des vélos. Un grand chantier de rénovation des bâtiments a également commencé pour un budget de plusieurs dizaines de millions d'euros. Les différentes augmentations de budget annoncées par l'État vont également permettre la livraison d'équipements et la généralisation des nouvelles caméras-piétons annoncée cet été.

Un ministre en soutien en première ligne

L'arrivée de Gérald Darmanin a marqué un véritable changement. Le transfuge de la droite a tout de suite enfilé le costume de "premier flic de France" à son arrivée à Beauvau, et obtenu la sympathie d'une profession refroidie par son prédécesseur au ministère, Christophe Castaner.

Il est celui qui "s'étrangle" quand il entend parler de violences policières (un terme que le ministre, comme ses troupes, refuse), il est celui qui passe de commissariat en commissariat partout en France assurer les agents sur le terrain du soutien de l'État, il est celui qui les remercie pour leur travail à chaque prise de parole et qui communique sur leurs bons résultats à la presse et via les réseaux sociaux. Son soutien le plus marqué reste sa présence, pourtant controversée, à la marche citoyenne des policiers en mai dernier, durant laquelle il avait affirmé : "Tous les soirs, quand je me couche, je pense à vous."

De nouvelles annonces à l'issue du Beauvau

C'est la dernière grande concertation du quinquennat et un témoignage clair de la prise en compte par le gouvernement de la détresse de la profession et du besoin de réforme : le "Beauvau de la sécurité", une concertation sur plusieurs mois organisée par le ministère de l'Intérieur afin de faire dialoguer syndicats et élus sur un éventail de thématiques qui vont de la formation des agents aux relations avec la justice. Un Beauvau décidé notamment suite à une avalanche de plaintes, que le gouvernement souhaite éviter à l'avenir.

Mais pas question d'y parler de violences policières, le sujet a été noyé par les prises de position du chef de l'État et de Gérald Darmanin. Ce qui sortira très concrètement du Beauvau alimentera un vaste plan de réforme selon le gouvernement, mais il ne devrait pas entrer en vigueur avant la présidentielle en 2022. Il devrait aboutir à une révision profonde des doctrines actuelles et des moyens utilisés... En plus de moyens plus importants, pour la formation cette fois.