"Salam Shalom Salut" c'est l'initiative d'une vingtaine de jeunes de cultures juives et arabes, qui veulent porter un message de "vivre ensemble" à travers toute la France. Une opération chapeautée par SOS Racisme.

Saphia Ait Ouarabi, jeune fille de 17 ans, juive et musulmane, mobilisée pour "Salam Shalom Salut"
Saphia Ait Ouarabi, jeune fille de 17 ans, juive et musulmane, mobilisée pour "Salam Shalom Salut" © SOS racisme

Les jeunes de "Salam Shalom Salut" ont prévu des interventions dans des écoles, des conférences, des débats, des rencontres, pendant deux mois, à Paris, Marseille, Grenoble ou encore Strasbourg, mais aussi Aubervilliers, Massy, Sarcelles et Créteil. Ce lundi soir ils seront à Bordeaux, au local du boulevard des Potes. 

Leur but c'est de se réapproprier un discours qui les concerne au premier plan, mais aussi de remettre un peu de complexité dans ce discours devenu très binaire : non, il n'y a pas les Juifs d'un côté, les Arabes de l'autre, pas plus qu'il n'y a les gentils et les méchants... Il y a des convictions, des points de vus, des torts et des peurs, des histoires personnelles et l'Histoire avec un grand H, des atrocités commises, oui, mais aussi beaucoup de belles choses à raconter.  

C'est le message que Dan, 26 ans, de culture juive, va essayer de transmettre : "J'ai grandi dans une petite ville de banlieue où on était très peu de familles juives ; la plupart de mes potes étaient arabes. On est là pour vivre ensemble et d'ailleurs on le fait au quotidien et du coup on veut le montrer. Après on n'est pas du tout dans une volonté de vouloir esquiver les questions qui font mal, les questions qui sont difficiles mais on veut montrer que c'est possible. Si on fait changer d'avis une personne on aura gagné."

Symbole de cette entente, de cette union possible, dans sa propre chair, Saphia, 17 ans de culture juive et arabe.

"En fait mes deux parents sont issus d'une union judéo-arabe. Je n'aime pas qu'on me mette dans une case et c'est ce qu'on veut changer explique Saphia. Pour des gens comme moi par exemple, on ne va pas essayer à tout prix de les mettre dans une case pour effacer une partie de leur identité. Tu me considères telle que je suis moi, je ne peux pas me permettre de me déchirer en deux quoi."

Selon le dernier rapport de la Direction centrale de la sécurité publique, les actions à caractère antisémite et les actions à caractère antimusulman sont en augmentation, avec notamment 85 actions violentes racistes recensées sur tout le territoire en 2017. Et sur les seuls neuf premiers mois de cette année, le nombre d'actes antisémites en France a augmenté de 69% selon les chiffres révélés par le premier ministre Édouard Philippe le 9 novembre dernier

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