Sarah
Sarah © DR

Elle s'appelle Sarah. Elle a 17 ans, elle est donc mineure. Le 11 mars dernier, elle a quitté le domicile familial de Lézignan-Corbières dans l'Aude direction la Syrie, avec l'intention d'être aux côtés de ses "frères" djihadistes.

Sarah fait partie des 700 français et françaises partis depuis 2011 vers le pays en guerre avec cette même intention. On estime que 250 environ sont toujours sur place.

Le frère de Sarah, Jonathan, a contacté France Inter. Il est fou d'inquiétude pour sa sœur partie sans crier gare. D’autant que Sarah n'a pas du tout le profil de la fanatique musulmane. C'est une jeune fille réservée, au visage encore poupon, élevée dans une famille croyante mais très peu pratiquante.

Le 11 mars dernier Sarah a dit à ses parents qu'elle partait à l'école. Elle n'a donné signe de vie que trois jours plus tard. Elle était déjà loin.

C'est son frère Jonathan qui l'a eue au téléphone. Sarah lui a dit être arrivée près de la ville d’Alep.

On est délaissés par le gouvernement. Il y a des centaines de français qui sont partis en Syrie. Rien n'est prévu pour les ramener.

D'après le procureur de Narbonne, le départ de Sarah a été très bien préparé. La jeune fille aurait été approchée via les réseaux sociaux, Facebook notamment.

Une information judicaire a été ouverte pour "disparition inquiétante". D'après les premiers éléments la jeune Sarah aurait voyagé seule, c'est ce que montrent les caméras de vidéosurveillance à l'aéroport.

Le reportage de Géraldine Hallot

C'est si simple d'aller en Syrie

Cet acte important, parfois désespéré de militantisme, Sarah est loin d'être la première à l'effectuer. Simplement, elle est mineure. Les autorités sont prévenues depuis des aventures semblables ces derniers mois et on se demande toujours comment des mineurs parviennent à quitter la France.

Aller en Syrie c'est finalement d'une simplicité déconcertante. On passe d'abord par la Turquie. Escale à Istanbul, puis Antakya. Pas besoin de visa, pas besoin d'autorisation de sortie du territoire quand on est mineur, elle a été supprimée en 2013. Un simple passeport suffit. A Antakya, la frontière syrienne n'est qu'à 50 kilomètres et tout un réseau de passeurs vous y amènera bien volontiers.

Une source judicaire que nous avons contactée cet après-midi se dit très étonnée qu'il n'y ait pas plus de contrôles au départ des aéroports français. Le ministère de l'intérieur nous a répondu que les contrôles avaient été renforcés depuis l'automne, mais qu'il y avait effectivement des mineurs qui avaient pu passer entre les mailles du filet.

Le ministère demande aux familles de signaler tous leurs adolescents à risque. Ce qui n'est pas forcément une démarche évidente quand on est parent.

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