Forces de l'odre et manifestants se sont affrontés dimanche dans les rues de Sarcelles
Forces de l'odre et manifestants se sont affrontés dimanche dans les rues de Sarcelles © maxppp

Voitures brûlées, commerces saccagés et synagogue prise pour cible : Sarcelles s'est réveillée meurtrie, ce lundi, après les débordements de dimanche en marge d'une manifestation pro-Palestine qui avait été interdite.

Les violences ont cessé mais l'agitation était toujours présente ce lundi à Sarcelles dans le Val d'Oise avec la présence de policiers postés dans toute la ville. Sarcelles, "la petite Jérusalem" comme elle est parfois surnommée pour son importante communauté juive, est encore marquée par les débordements de la veille. Au sol, on retrouve des détritus, des bris de verre et sur les façades, des traces d'incendie. Une épicerie casher a notamment été la cible d'un cocktail molotov. Elle avait déjà été visée par un attentat à la grenade en 2012.

L'épicerie casher Naouri, à Sarcelles, incendiée le dimanche 20 juillet 2014
L'épicerie casher Naouri, à Sarcelles, incendiée le dimanche 20 juillet 2014 © radio-france

Le gouvernement dénonce des actes antisémites

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve s'est rendu sur place ce lundi. Il a dénoncé des "actes antisémites", "graves et intolérables". "Rien ne peut justifier la violence", a ajouté le Premier ministre Manuel Valls, lors d'un déplacement à Vassieux-en-Vercors dans la Drôme. Le maire socialiste de Sarcelles, François Pupponi, est consterné : "Un tel déferlement de haine et de violence, c'est du jamais vu à Sarcelles. Ce matin, les gens sont abasourdis et la communauté juive a peur". François Pupponi était l'invité de journal de 13 heures sur France Inter.

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Incompréhension des habitants

Dans les rues, les commerçants tentent d'effacer les traces des violences. Dave, un habitant, ne comprend pas comment on a pu en arriver là :

C'est inadmissible, on vit dans une ville de communautés, il y a toutes sortes de races, on n'a jamais eu de problèmes pendant des années. Toutes les racailles, il faut les foutre dehors.

Certains habitants ont à peine osé sortir de chez eux ce lundi matin. C'est ce que raconte le reportage sur place d'Ariane Griessel.

18 personnes ont été interpellées par les forces de l'ordre. Onze, dont quatre mineurs, étaient toujours en garde à vue ce lundi matin. Neuf des manifestants arrêtés viennent de Sarcelles ou de la commune voisine de Garges-lès-Gonesse.

Fallait-il autoriser la manifestation ?

Le scénario aurait-il été le même si la manifestation avait été autorisée ? C'est la question que certains posent. Pour Roger Cukierman, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), le ministère de l'Intérieur a fait "ce qui est nécessaire" en interdisant le rassemblement. "Les faits démontrent qu'il y a risque de trouble à l'ordre public", a-t-il expliqué chez nos confrères de France Info.

Le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) qui appelait à manifester samedi dernier à Paris n'est pas du tout sur la même ligne. Pour Sandra Demarcq, de la direction du NPA, l'interdiction a mis "le feu à la situation" et le gouvernement est le "premier responsable des incidents".

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