Dans un rapport hautement confidentiel dont une version publique, moins sensible, a été remise aux médias, l'ONG alerte sur des centrales vulnérables en cas d'attentat.

Greenpeace estime qu'il faudrait blinder les piscines de refroidissement de combustibles usagés, comme cela est prévu pour l'EPR de Flamanville, afin de renforcer la sécurité des centrales.
Greenpeace estime qu'il faudrait blinder les piscines de refroidissement de combustibles usagés, comme cela est prévu pour l'EPR de Flamanville, afin de renforcer la sécurité des centrales. © AFP / CHARLY TRIBALLEAU

Les piscines de refroidissement de combustibles sont-elles les talons d'Achille du parc nucléaire français ? C'est ce qu'affirme Greenpeace. Dans une mise en scène très soignée, l'ONG a remis mardi aux autorités françaises un rapport jugé très sensible sur la sécurité des centrales nucléaires.

Ce document, dont les copies sont numérotées et ont été remises en main propre du directeur général de Greenpeace à de hauts fonctionnaires, est le résultat de 18 mois d'études de scénarios catastrophes. Les conclusions des sept experts internationaux ((France, Allemagne, Royaume-Uni et États-Unis), spécialistes en sûreté nucléaire, sécurité, radioprotection et économie, sont alarmantes.

La version expurgée de toute information sensible qui a été rendue publique alerte sur les piscines où sont entreposés les tonnes de combustibles usés, à la Hague et dans 19 centrales françaises, des "hangars agricoles", tels que les désigne Yannick Rousselet, chargé de campagne chez Greenpeace, qui seraient vulnérables à des agressions extérieures type chute d'avion ou attaque à l'arme lourde, parce que situés en dehors des bâtiments blindés du réacteur.

Des bunkers autour des piscines

"Certaines faiblesses connues sont génériques à l'ensemble des installations, comme l'absence de protection autre que des poutres et un bardage métallique sur les toits" de ces bâtiments, estime leur rapport, résumé par l'ONG. D'après Greenpeace, il faudrait transformer ces zones de stockage en buncker, comme cela est prévu pour le futur EPR de Flamanville.

Du côté d'EDF, on assure avoir pris en compte le risque d'attaque aérienne, depuis les attentats du 11 septembre 2001. Le directeur du parc nucléaire français, Philippe Sasseigne, n'a pas lu le rapport de Greenpeace, mais il affirme que "les centrales sont sures".

Si les pouvoirs publics décidaient de suivre les recommandations de l'ONG, la protection des piscines de refroidissement représenterait un coût exorbitant : entre 140 et 22 milliards d'euros.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.