Pas de baisse de vitesse pour le moment
Pas de baisse de vitesse pour le moment © PHOTOPQR/LE TELEGRAMME

La baisse des limitations de vitesse sur le réseau secondaire est débattue aujourd’hui lors de l'assemblée plénière du Conseil national de la sécurité routière (CNSR) mais elle ne sera pas votée. Une manière d'ajourner une proposition impopulaire.

Pas question de lever le pied, pour le moment. La réduction de la vitesse maximale autorisée à 80 km/h sur les routes où elle est limitée à 90 km/h est pourtant préconisée par le Comité des experts du CNSR dans un rapport commandé par son président, le député socialiste Armand Jung.

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Une mesure préconisée

Dix-sept spécialistes estiment qu'une telle mesure permettrait d'épargner "350 à 400 vies " chaque année si elle s'appliquait sur l'ensemble du réseau concerné, et "210 à 240 vies " si elle n'était mise en place que dans les zones les plus dangereuses. Près des deux tiers des accidents mortels ont lieu sur le réseau secondaire, rappellent ces experts.

Cependant, les quatre commissions du CNSR n'ont pas toutes étudié cette proposition en amont, explique Chantal Perrichon, porte-parole de la Ligue contre la violence routière (LCVR). Et le vote est, de fait, reporté à une date ultérieure.

Je trouve absolument anormal que la recommandation la plus essentielle ne soit que débattue. Si on veut cibler le premier facteur de mortalité sur les routes, la vitesse, considérons que ce CNSR est un tir à blanc. (Chantal Perrichon)

Une proposition impopulaire

La proposition est loin de remporter l'adhésion des Français, de l'aveu même de Frédéric Péchenard, le délégué interministériel à la sécurité routière, qui reconnaît, sur la base de sondages confidentiels de la Sofres, que la mesure est "la moins acceptée parmi toutes celles que peut proposer" le CNSR.

"Il y a un vrai travail de pédagogie à faire sur la vitesse ", affirme-t-il, estimant que "pour l'instant, il n'est probablement pas nécessaire de baisser les limitations, compte tenue de la baisse continue de la mortalité " qui devrait selon lui perdurer en 2013.

Rendue publique début octobre, la proposition avait entraîné une levée de boucliers, notamment des associations de défense des automobilistes. Des pétitions ont été lancées, à l'image de celle de 40 millions d'automobilistes qui assure avoir recueilli "près de 100.000 signatures ".

Les principales propositions du CNSR

Voici les principales propositions du Conseil National de la sécurité routière (CNSR), qui seront, elles, soumises au vote aujourd’hui :

  • Boites noires : recommandation de "proposer à la Commission européenne" de "normer les données" qui pourraient être enregistrées par ces appareils, afin de retenir "les plus pertinentes". Ces données seraient conservées uniquement "en cas de choc à raison de 30 secondes avant le choc et jusqu'à 15 secondes après".
  • Ethylotests anti-démarrage (EAD) : recommandation que les EAD "soient envisagés de manière systématique" chez les conducteurs condamnés et qu'ils puissent être proposés "par les commissions médicales primaires du permis".
  • Expérimentation de la circulation "interfiles" pour les deux roues motorisées : proposition d’une expérimentation pendant deux ans, uniquement sur des portions d'autoroute volontaires, en cas d'embouteillage, et à condition que les motos ne roulent pas à plus de 50 km/h.
  • Journée des victimes de la route : proposition de fixer la date de cette journée au 22 février, qui est déjà celle de la journée européenne des victimes.
  • Délai d’attente du permis de conduire : demande à Manuel Valls de travailler sur la réduction des délais d'attente entre deux examens du permis de conduire.
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