Cette technologie en phase de test, destinée à produire de l'électricité, va être déployée sur un kilomètre de la la RD5 à la sortie de Tourouvre, dans l'Orne.

Ségolène Royal a lancé les travaux de la première route solaire le 25 octobre 2016 à Tourouve
Ségolène Royal a lancé les travaux de la première route solaire le 25 octobre 2016 à Tourouve © Ministère de l'Environnement

De petits panneaux solaires collés sur le bitume et recouverts d'une résine protectrice, qui viennent alimenter le réseau de distribution électrique. Cette technologie, déployée sur un kilomètre, dans l'Orne, à Tourouvre, va être testée pendant deux ans. Un projet très soutenu par la ministre de l'Écologie, Ségolène Royal, qui vient d'ailleurs elle-même inaugurer la portion de route ce jeudi matin.

Une route solaire loin de faire l'unanimité

Une solution qui a pourtant des atouts indéniables : 2.880 panneaux de silicium qui produisent l'équivalent de l'éclairage public d'une ville de 5.000 habitants, en respectant l'environnement explique Johnny Clatot, ingénieur chercheur pour le groupe Colas, qui développe cette technologie Wattway : "Il n'y a pas de problème de foncier puisque la route est déjà là, la surface disponible ne rentre pas en concurrence avec des terrains agricoles ou d'élevage. La disponibilité de la surface est très importante pour le photovoltaïque".

La phase de test va durer deux ans et c'est là que le bât blesse pour bon nombre d'experts en énergies renouvelables car il reste beaucoup d'inconnues côté dépense d'énergie pour produire l'électricité, mais aussi résistance, car si le concept est déjà expérimenté sur quatre sites pilotes (deux en Vendée, un à Septèmes-les-Vallons, près de Marseille, un dans les Yvelines), il l'est sur des parkings ou devant des bâtiments publics et sur de toutes petites surfaces, de 50 à 100 m2.

Selon Olivier Appert, président du Conseil Français de l'Énergie, entre les premiers tests sur 10 mètres, il y a un an, et la mise en service sur un kilomètre, tout est allé un peu vite : "Les tests de vieillissement me semblent très importants, vous voyez bien l'état dans lequel se trouve un certain nombre des routes françaises pourtant entretenues". Olivier Appert dénonce aussi le prix de cette solution "des coûts considérables, dix fois supérieurs au photovoltaïque". En effet la route solaire, c'est pour l'instant 17 euros par watt, contre 1,30 euros pour le solaire en toiture.

L'ensemble des travaux est couvert par une subvention d'État de 5 millions d'euros hors taxe.

Et Colas, la filiale de Bouygues, se prend à rêver. Avec un million de kilomètres de route, la France pourrait - en théorie - accéder à l'indépendance énergétique en pavant le quart de ses routes...

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