D’après un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales, entre 1 666 et 4 000 personnes auraient pu être traitées préventivement contre le VIH grâce à un nouveau médicament, le Truvada, si l’Agence du médicament avait autorisé sa mise sur le marché.

L'Igas explique dans un rapport que l'agence du médicament a trop tardé à autoriser la commercialisation du Truvada, qui permet de lutter préventivement contre le sida.
L'Igas explique dans un rapport que l'agence du médicament a trop tardé à autoriser la commercialisation du Truvada, qui permet de lutter préventivement contre le sida. © AFP / IMAGE POINT FR - LPN / BSIP

En 2016, la France a été le premier pays européen à permettre l'utilisation d'un traitement anti-VIH préventif, le Truvada. Ce médicament prévient la contamination d'une personne séronégative lors de rapports sexuels à risques. 

Il s'agit donc d'un succès en terme médical mais voilà trois ans que l'association Aides a saisi l'agence nationale de sécurité du médicament pour réclamer au plus vite l'utilisation du Truvada. Le feu vert de ce médicament s'est enlisé dans les méandres de l'administration.

Aides alerte en 2013

Alors qu'avait démarré dès 2012, un essai chez des volontaires homosexuels, puisqu'il y a davantage de contaminations dans cette population, en 2013, l'association Aides, qui participait à cet essai avait demandé à  l'agence du médicalement, une mise à disposition du Truvada. Peu de personnes sont alors convaincues par ce futur traitement. Il y a des lenteurs notamment parce que l'agence du médicament n'a pas l'habitude d'examiner une demande d'accès précoce pour de la prévention.

Cette demande est restée lettre morte pendant un an. Par la suite une commission a été nommée. Il aura fallu encore attendre début 2016 pour une prise en charge par l'assurance maladie. Bruno Spire était, à cette époque le président de l'association Aides, a reconnu avoir eu beaucoup de mal à faire accélérer le processus.

Il analyse les raisons de ce retard au micro de Danielle Messager :

"Peu de personnes étaient convaincues par l'intérêt de cette nouvelle approche de traitement pré-exposition pour laquelle on avait déjà des données qui étaient favorables. La demande que l'on a faite d'accès précoce à cette molécule en prévention a traîné, il y a eu des lenteurs. L'administration, et de nombreux membres du corps médical, ont une responsabilité dans le fait que des personnes ont été contaminées pendant cette période alors qu'elles auraient pu bénéficier d'un accès précoce comme cela a été le cas aux Etats-Unis."

Aujourd'hui, environ 7 000 personnes en France utilisent le Truvada comme médicament préventif. Cet usage est malheureusement trop peu connu alors que des contaminations pourraient être évitées. Faute de campagne d'information publique, c'est l'Association Aides qui vient d'en lancer une, sur le thème : un comprimé par jour vous protège du VIH.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.