Les directeurs d'école n'ont pas le moral. C'est ce que révèle, cette semaine, une étude menée sur leur qualité de vie professionnelle. En cause, une surcharge de travail et de mauvaises relations avec les parents d'élèves.

Une salle de classe vide dans une école de Paris.
Une salle de classe vide dans une école de Paris. © Maxppp / Luc Nobout

Les directeurs d'école sont-ils au bord du burn-out en France ? Une étude vient d'être menée sur leur moral professionnel, autrement dit la qualité de vie au travail. Réalisée auprès de 7 400 directeurs, au travers d'une centaine de questions, le constat est clair : leur moral est en baisse. Aux manettes, deux experts de la question : Georges Fotinos, chercheur et ancien inspecteur de l'Éducation nationale - il a déjà réalisé plusieurs études sur le climat scolaire en 2004, 2011, 2013 - et José Mario Horenstein, psychiatre spécialisé sur le burn-out. 

Une lourde charge de travail

Selon l'étude, les deux tiers des directeurs d'école déclarent avoir "un moral moyen ou mauvais" et surtout "qui se dégrade". Principale raison : leur charge de travail. 91% d'entre eux estiment à plus de 45 heures leur temps de travail par semaine et ce volume s'accroît encore. 

"On a eu la disparition des aides administratives, la suppression des contrats aidés. C'est une vraie difficulté pour le fonctionnement des écoles", explique Gilles Langlois, directeur d'école à Paris. Il raconte par exemple que, dans son école, une employée administrative ne va pas voir son contrat renouvelé. "Ce sont 25 heures de travail qu'il va falloir faire à sa place. Sur des emplois du temps qui sont très largement supérieurs à 45 ou 50 heures par semaine, il va falloir sacrifier et tailler dans l'essentiel de ce que sont nos missions", regrette-t-il.  

Insultes et menaces des parents

Autre motif du mal-être : les insultes, les violences venant des parents. Les différends avec les parents sont en augmentation de 56%. Un directeur sur cinq a été victime de coups ou de bousculade. C'est le résultat alarmant de cette étude, selon son auteur Georges Fotinos : "Les violences des parents vis à vis des directeurs d'école sont en augmentation et de façon structurelle. Ce ne sont pas des faits divers, c'est une évolution que l'on voit : insultes, menaces, qui prennent des proportions très inquiétantes". 

Le travail des chercheurs montre que les motifs de tensions se situent pour plus de la moitié autour de la contestation des sanctions et punitions données par les enseignants. Cela se solde donc régulièrement par des comportements agressifs. Point positif tout de même, les relations des directeurs avec leurs collègues enseignants et avec les élèves sont très bonnes.

L'étude à lire dans son intégralité ⤵ 

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