Les militaires de la force Sentinelle seront déployés dès samedi, lors des manifestations de "gilets jaunes", pour la sécurisation des bâtiments importants. Une perspective qui satisfait les syndicats de police qui regrettaient que des policiers assurent ces tâches jusqu'ici.

Un soldat de la force Sentinelle surveillant un bâtiment public à Paris.
Un soldat de la force Sentinelle surveillant un bâtiment public à Paris. © Maxppp / Luc Nobout

À la veille du 19e samedi de mobilisation des "gilets jaunes", le ministère de l’Intérieur rencontrait vendredi matin le tout nouveau préfet de police de Paris pour lui donner sa feuille de route, comme à tous les préfets de France d’ailleurs. Jeudi, Christophe Castaner a détaillé aux syndicats de police le dispositif qui allait être mis en place. Les représentants des policiers sont ressortis plutôt rassurés pour l’avenir, avec un nouveau virage pris sur le maintien de l’ordre.

Finis les policiers bloqués sur la sécurisation des bâtiments

Il n’y aura plus de policiers figés, vissés à la sécurisation des bâtiments. Ce sera la mission des militaires de Sentinelle, qui ne seront absolument pas chargés du maintien de l’ordre, a d’abord confirmé Christophe Castaner aux policiers. C’est la première bonne nouvelle, estime Fabien Vanhemelryck, du syndicat Alliance. "On va remplacer les collègues qui font les plantes vertes aujourd’hui par des [militaires de la force] Sentinelle", dit-il. "Cela va permettre de recentrer le policier sur son cœur de métier et faire, enfin, du vrai boulot de flic. En revanche, pour le reste, il faudra attendre."

Le reste, c'est par exemple l'arrivée des "marqueurs chimiques" pour mieux identifier des casseurs. Effectivement, ils ne seront pas prêts pour cette 19e journée de mobilisation. Mais sur le terrain, dès demain, les commissaires pourront reprendre les manettes, sans dépendre exclusivement d’une salle de commandement se félicite Jean-Marc Bailleul, du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure : "Qu'on arrête de croire que le maintien de l'ordre, ça se fait d'une salle de commandement devant des écrans. Si l'on coordonne mieux et que l'on fait confiance aux gens de terrains, on sera plus efficace !"

"Nous avons fait des propositions concrètes pour un réseau radio commun. Est-ce normal que les CRS, la Préfecture de police de Paris et les gendarmes ne se parlent pas sur le même réseau ? Ça me parait sidérant", ajoute également Jean-Marc Bailleul. Un autre policier évoque aussi l'amende majorée contre des manifestants en zone interdite : "Si on est en guérilla urbaine, on aura autre chose à faire que mettre des contraventions", ironise-t-il, à la sortie de la place Beauvau.

En face, les craintes de certains militaires

"Nous n'avons rien à faire dans cette histoire de 'gilets jaunes'", raconte un soldat à nos confrères de franceinfo. "On ne sait pas faire du maintien de l'ordre, on n'a pas le matériel nécessaire. Nous avons un gilet pare-balles et un fusil d'assaut. Donc, soit ils se font caillasser et vont se mettre à l'abri, soit ils ne peuvent pas le faire pour une raison ou une autre et malheureusement il risque d'y avoir des morts."

"Les consignes des soldats sont fixées de manière rigoureuse, ils sont soumis au même cadre légal que les forces de sécurité intérieure" assure de son côté le général Bruno Leray, gouverneur militaire de Paris : "Les soldats donnent des sommations dans les cas éventuels d'ouverture du feu, ils sont parfaitement à même d'apprécier la nature de la menace et d'y répondre de manière proportionnée".

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