Ils viennent de l'Eure, de Haute-Saône, des Ardennes ou de Guyane. Ils font un Bac Pro, sont en seconde générale ou décrocheurs scolaires... Un échantillon représentatif de la première cohorte de jeunes s'est retrouvé à Paris cette semaine, pour découvrir l'uniforme du SNU et travailler sur la cohésion de groupe.

A deux mois du lancement du Service National Universel, une dizaine de jeunes volontaires ont été reçus à Paris.
A deux mois du lancement du Service National Universel, une dizaine de jeunes volontaires ont été reçus à Paris. © Radio France / Claire Chaudière

Il reste à peine deux mois avant le coup d'envoi de la première édition, encore expérimentale, du Service National Universel, promesse de campagne d'Emmanuel Macron pour renforcer la cohésion nationale et promouvoir l'engagement de la jeunesse. 2 000 volontaires seront mobilisés cette année, à partir de la mi-juin, avant la généralisation progressive à toute une classe d'âge à partir de 2022.

2 000 jeunes participeront en juin prochain à la première phase du SNU, dans 13 départements.
2 000 jeunes participeront en juin prochain à la première phase du SNU, dans 13 départements. © Radio France / Claire Chaudière

Lettres de motivation : engagement, autodéfense et "découverte de personnes différentes"

Pour être sélectionnés et faire partie de la toute première "génération SNU", ils ont dû expliquer pourquoi le projet leur tenait à cœur, à travers une lettre de motivation. "J'ai expliqué que ce qui m'attirait, c'était le côté sportif, l'esprit militaire et les valeurs qu'il y a derrière" lance David. "Pour moi, c'est l'engagement. J'ai toujours voulu être dans une association. La deuxième phase du SNU m'intéresse beaucoup. L'initiation à l'autodéfense m'a plu. Je trouve ça super pour les filles", explique Marie-Bertille arrivée dimanche dernier de Saint-Laurent-du-Maroni en Guyane. 

Pour élaborer la "tenue unique" des participants du SNU, un concours a été lancé. Plusieurs lycées professionnels y ont participé.
Pour élaborer la "tenue unique" des participants du SNU, un concours a été lancé. Plusieurs lycées professionnels y ont participé. © Radio France / Claire Chaudière

Ce qui me plaît, c'est l'idée d'aller dans un autre département que le mien, de rencontrer de nouvelles personnes, venant d'autres milieux. On est tous différents. On a échangé sur nos spécialités locales. On rigole d'entendre nos accents. 

Un uniforme bleu marine conçu par des lycéens de Tourcoing et Marseille

Réunis à Paris depuis dimanche dernier, les 13 jeunes ont enchaîné les rencontres et les visites de lieux emblématiques de l'histoire de la République, vêtus de leur nouvelle "tenue" SNU. Un uniforme dessiné et conçu par des élèves du lycée Le Corbusier de Tourcoing mais aussi par ceux d'un établissement marseillais, deux lauréats du concours lancé par le gouvernement. Un pantalon et une veste bleu marine, en coton épais. Un écusson sur l'épaule représentant un trait de pinceau inachevé. Une casquette. Un polo blanc avec une corcade tricolore sur laquelle on peut lire "Jeunesse engagée"

"Je trouve ça plutôt chic. J'avais peur qu'on nous donne un uniforme vert kaki. En fait, ce sont les couleurs de la France." (Manon, volontaire SNU)

Des profils variés pour former les "maisonnées"

Après un passage au Sénat, les 13 jeunes ont eu droit mardi à une visite guidée de l'exposition sur le service militaire actuellement au Service Historique de la Défense à Vincennes, en présence du secrétaire d'État Gabriel Attal.

Par petits groupes de jeunes de départements et de profils sociaux différents, les volontaires seront répartis en "maisonnées" durant la deuxième quinzaine de juin. Ils séjourneront dans un autre territoire que le leur.

Dans les classes de seconde, le projet ne séduit pas tous les lycéens : "dans mon lycée, j'ai essayé de convaincre d'autres élèves, mais j'étais le seul de ma bande de copains à être motivé", sourit Alexis. 

Si les organisations de jeunesse et notamment les syndicats lycéens sont encore sceptiques, "l'engouement est là", insiste Gabriel Attal, qui brandit un chiffre : 4.000 candidatures récoltées, en quelques semaines seulement. 

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