Le drive inn du sexe à Zurich
Le drive inn du sexe à Zurich © MaxPPP/Ennio Leanza

La ville de Zürich ouvre aujourd'hui le premier "drive in du sexe". La mairie espère ainsi reprendre le contrôle de la prostitution –légale en Suisse- en la déplaçant hors du centre ville.

Situé à Altstetten, dans un ancien quartier industriel à l'ouest de la ville, le site comprend neuf "sexboxes", de sortes de garages pour accueillir les clients. Le lieu sera accessible uniquement aux automobilistes. Ils devront être seul à bord de leur véhicule pour passer la grille.

Les autorités zurichoises se sont inspirées de dispositifs similaires en Allemagne, pour tenter de désengorger le quartier de Sihlquai, à quelques encablures de la gare. Les travaux ont coûté 1,6 million d'euros et le coût de fonctionnement annuel prévu s’élève à près 560 000 euros.

Les autorités locales admettent n'avoir aucune garantie que le site trouvera son public mais n'ont pas ménagé leurs efforts pour convaincre les prostituées d'y venir.

Ce sex-inn est censé –en plus de résoudre le problème causé par le présence des prostituées en centre-ville, assurer plus de sécurité aux travailleuses du sexe. Les boxes sont équipés d'un bouton d'alarme pour appeler le service de sécurité.

Les services sociaux sont également là quotidiennement pour les épauler, leur proposant autant du soutien psychologique que des conseils de santé, voire des cours d'allemand.

Pour Michel Beuret, journaliste à la Télévision Suisse romande, cette initiative vise à encadrer le business du sexe et également à protéger les prostitués. En revanche, pour Patric Jean, réalisateur et porte-parole du réseau Zéromacho, c'est un avatar du capitalisme. Patric Jean était l' invité du 5-7 de France Inter.

Michel Beuret au téléphone de Christian Chesnot

Le Sex-in d’Altstetten est prévu pour qu’une quarantaine de filles puissent offrir leurs services entre 19h et 5h du matin. Mais plusieurs prostituées ont émis des réserves, jugeant que le site étroitement contrôlé risquait d'intimider leurs clients.

Les sexboxes avaient été approuvées par les habitants de la métropole, qui semblaient très contents de la réalisation, lors de la journée porte-ouverte qui s’est déroulée dimanche.

Le reportage de Rooven Gessa de la Radio Suisse Romande

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