Capture d'écran Deus Ex : Human Revolution
Capture d'écran Deus Ex : Human Revolution © Eidos Montréal

Le jeu vidéo n’est plus la chasse gardée des hommes : 50% des joueurs sont des joueuses. Et si elles sont plus nombreuses à aligner les bonbons sur smartphone qu'à abattre du méchant terroriste, peu importe le support : les femmes jouent. Et pourtant…

Sexistes, les jeux vidéos ? Peut-être que oui, peut-être que non. En tout cas, à parcourir les allées de la Paris Games Week, l’œil avisé aura lui-même bien du mal à trouver une héroïne de jeu vidéo.

Écoutez le reportage d'Hélène Chevallier chez les gamers (hommes et femmes)

Lara Croft... et le désert

Il y a bien Lara Croft, la célébrissime héroïne du jeu vidéo Tomb Raider, aux attributs particulièrement imposants, conçus presque sur mesure pour plaire à un certain nombre de joueurs masculins. Pour le reste, circulez, il n’y a (-presque-) rien d’autre à voir, si l’on balaye d’un coup de manette de jeu, au mieux, les princesses à sauver, au pire les calls girls de mafioso.

Les jeux pour filles, au final, sont des jeux antiféministes au possible puisque dans la plupart des cas, il s’agit de langer un bébé ou coiffer un poney…

Pourtant, l'industrie du jeu vidéo a pris conscience ces dernières années du potentiel du marché des joueuses. Mais là encore, les gros clichés sont de sortie. C’est notamment ce que déplore Jehanne Rousseau, une des rares femmes à la tête d'un studio de jeu vidéo : "J’ai toujours eu horreur de l’idée de jeux pour filles. Les jeux pour filles, au final, sont des jeux antiféministes au possible puisque dans la plupart des cas, il s’agit de langer un bébé ou coiffer un poney…C’est le genre de trucs qui m’horripilent et c’est terrifiant !"

"La plupart des jeux vidéos pour filles sont antiféministes" – Jehanne Rousseau

Elle s’est spécialisée dans le jeu de rôle, et reconnaît elle-même qu’il est difficile de se détacher de certains clichés. Qui, au passage, ne concernent pas uniquement les femmes : "Il y a autant de clichés racistes que de clichés sexistes. C’est dur en même temps de s’en détacher : ces produits ont un coût élevé de développement, et il faut parfois céder sur certains points. Il existe d’ailleurs une demande de la part des joueurs et des éditeurs. Il faut parfois qu’il y ait un personnage central qui soit masculin, voire blanc, parce qu’il faut plaire au plus grand nombre…"

"Il y a autant de clichés racistes que de clichés sexistes" – Jehanne Rousseau

D’autant que dans leur immense majorité, les jeux vidéos sont souvent faits par des hommes : seulement trois femmes parmi cinquante ou soixante hommes dans le studio DontNod. Ce qui n’empêche pas Oskar Guilbert de développer des jeux avec des personnages féminins. Après Remember Me, vendu à 1.300.000 exemplaire, le studio développe actuellement Life is strange, un titre qui met à l'affiche deux adolescentes.

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