Face au niveau de l'épidémie de coronavirus et la place du variant britannique, le directeur médical de la cellule de crise à l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris Bruno Riou appelle ce mercredi sur France Inter à un reconfinement le plus tôt possible. "La situation est très inquiétante", a alerté le professeur.

La part du variant britannique du coronavirus est de 9,4% en Île-de-France, rapporte l'AP-HP (photo d'illustration).
La part du variant britannique du coronavirus est de 9,4% en Île-de-France, rapporte l'AP-HP (photo d'illustration). © Maxppp / Jérémie FULLERINGER

"Soit on confine trop tard, et on aura un débordement de notre système de santé et il sera nécessaire alors d'avoir un confinement malheureusement long. Ou alors on confine très rapidement, et on peut espérer avoir un confinement plus court", a expliqué le Pr. Bruno Riou, directeur médical de la cellule de crise à l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), invité du 13/14 ce mercredi 27 janvier. La part du variant britannique du coronavirus est de 9,4 % en Île-de-France, rapporte l'AP-HP.

"La situation est très inquiétante", a alerté le professeur. "On est sur un plateau ascendant de l'épidémie de très haut niveau. Les mesures supplémentaires qui ont pu être mises en œuvre, notamment l'extension du couvre-feu à 18h, ont eu une efficacité. Mais on est à peu près certain que cette efficacité est insuffisante", a-t-il déploré.

"On a tous essayé de contenir ce variant anglais, mais c'était probablement une mission impossible."

"Il est quasiment impossible de le contrôler à partir du moment où le niveau de l'épidémie est aussi élevé. Or, ce variant anglais est plus contagieux et potentiellement plus virulent", a martelé le Pr. Bruno Riou au micro de France Inter. "Le simple fait qu'on ne contrôle pas l'épidémie telle qu'elle est actuellement et que le variant anglais va devenir prédominant laisse penser que _le plateau ascendant va devenir exponentiel_."

Un confinement "le plus rapidement possible"

La seule solution pour le directeur médical de la cellule de crise à l'AP-HP est le confinement, mais "reste à savoir ce que l'on met derrière ce mot", a-t-il tempéré. "Est-ce un confinement aussi dur que celui du printemps ou plus assoupli comme celui de l'automne ?", a-t-il interrogé.

"Tous les chiffres et la prédominance du variant anglais me laissent dire qu'il faut rappeler les gestes barrières et la distanciation sociale, et faire un confinement le plus rapidement possible. La crise ne s'adapte jamais à nos désirs ou à nos plans. Il faut qu'on s'adapte à la crise en permanence. On est dans une crise, et elle est en train de s'acutiser [en médecine, le passage pour une maladie d'un état chronique à un état aigu]", a appelé le Pr. Bruno Riou.

Enfin, le professeur a estimé que la vaccination n'aurait "aucun effet sur l'évolution de l'épidémie avant de très nombreux mois". Les décisions "qui sont à prendre rapidement sont indépendantes du démarrage de la vaccination", a-t-il conclu.