Plus de 6 000 nouvelles contaminations chaque année en France, un chiffre qui ne baisse pas depuis des années. Les 25 ans du Sidaction ce week-end sont marqués par cette nouvelle enquête sur les jeunes et leur ignorance persistante face au VIH : près d'un jeune sur quatre pense qu'on peut guérir du sida.

Loïc, 31 ans. Il a été contaminé il y a 5 ans.
Loïc, 31 ans. Il a été contaminé il y a 5 ans. © Aurelie Defretin / Sidaction.

Plus de 20% des jeunes interrogés n’ont pas reçu d’enseignement spécifique sur le VIH au collège ou au lycée, par exemple. Les jeunes oublient que le VIH est toujours présent et ils prennent des risques. Dans la tranche d'âge 15-24 ans, ils sont 23% à penser qu'il existe des médicaments pour guérir du sida (contre 13% en 2009). Illustration avec Loïc, 31 ans, jeune homosexuel contaminé il y a cinq ans. 

Loïc est tombé des nues lorsqu'il a appris sa séropositivité

Loïc venait de s'installer à Londres quand il a appris sa séropositivité. Il avait 26 ans à l'époque. Quelques semaines plus tôt, il avait eu des rapports non protégés. À l'époque, le VIH était une maladie lointaine pour lui, il ne se sentait pas concerné. "Je ne connaissais pas. Je savais qu'il fallait se protéger, après ça ne me semblait pas présent autour de moi, presque pas réel. Donc pour moi finalement je savais avoir pris un risque, ne pas m'être protégé, mais je me disais qu'avant que ça m'arrive, à moi... Dans mon esprit c'était vraiment une maladie des années 90."

C'est un SMS anonyme qui a conseillé à Loïc de se faire dépister. En Grande-Bretagne, l'application LetThemKnow permet d'informer, sans dire son nom, un ancien partenaire qu'il a pris un risque et qu'il est en danger. Quand on annonce à Loïc le diagnostic, la terre se dérobe sous ses pieds. 

C'est l'effondrement du monde ! 

"J'avais l'impression de commencer une nouvelle vie à Londres, tout était excitant, et là on mettait un stop. C'était une condamnation à mort, j'ai vraiment tout de suite pensé que j'allais mourir dans les prochaines années."

Finalement les médecins rassurent Loïc, il vivra normalement, s'il se surveille tout ira bien, sa charge virale sera indétectable. Après quelques semaines de déni, il a fini par prendre ses habitudes : un traitement à vie mais sans effets secondaires pour l'instant. "Donc c'est trois pilules par jour, en une seule prise le matin, avec un suivi chez le médecin tous les six mois."

Aujourd'hui, Loïc est en couple avec un séronégatif. Il ne cache pas sa maladie, son employeur est au courant, ses parents aussi, mais il a mis plus de quatre ans à leur avouer.  

► POUR VOIR | Le documentaire "Loïc, séropo indétectable"

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