La visite officielle d'Emmanuel Macron ce jeudi en Guyane est attendue par le collectif "Pour que la Guyane décolle" qui dénonce le peu de fonds versés dans le cadre de l'Accord de Guyane. Pourtant, la ministre des Outre-mers maintient que 70 % des mesures ont été réalisées.

Le mouvement social du printemps dernier en Guyane avait abouti à l'Accord de Guyane. Mais aujourd'hui, le collectif dénonce des montants versés inférieurs aux promesses du gouvernement.
Le mouvement social du printemps dernier en Guyane avait abouti à l'Accord de Guyane. Mais aujourd'hui, le collectif dénonce des montants versés inférieurs aux promesses du gouvernement. © AFP / Jody Amiet

Six mois après le mouvement social qui a paralysé la Guyane, le président Emmanuel Macron se rend jeudi et vendredi dans ce département ultra marin fortement touché par le chômage et l'insécurité et dont les services publics sont loin d'être à la hauteur de ceux de la métropole.

Le chef de l'Etat sera accompagné du président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker, car les deux hommes sont invités à la Conférence annuelle des Régions ultra-périphériques, qui se tient cette année à Cayenne. 

Au Printemps dernier, un mouvement de grève générale avait paralysé la Guyane pendant cinq semaines et avait débouché sur la signature de l'accord de Guyane. Un texte qui prévoit plus d'un milliard de fonds d'urgence pour les hôpitaux, les écoles, l'économie, la sécurité et la justice. 

La visite de Macron "ne changera rien"

Six mois plus tard, le ministère de l'Outre-mer indique que plus de 70 % de ces crédits sont engagés, notamment en matière de sécurité avec l'arrivée d'un escadron de gendarmes mobiles supplémentaire, mais le collectif "Pour que la Guyane décolle" affirme que très peu de fonds ont en réalité été versés. 

D'où son scepticisme avant la visite du chef de l'État. L'un des porte-parole du collectif, Davy Rimane, estime que la visite d'Emmanuel Macron "ne changera rien à [notre] quotidien" : "Il vient faire sa promenade de santé, il prendra l'hélicoptère, il ira voir les gens, il fera sa photo et il repartira comme il est venu". 

Le collectif demande au gouvernement de "respecter a minima" l'Accord de Guyane, en versant les fonds promis : "Les seuls fonds qui sont pour l'instant arrivés, c'est pour l'hôpital de Guyane, mais pour payer ce que l'hôpital doit aux entreprises extérieures. On a entre 17 et 18 millions d'euros versés, rien d'autre."

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