Contrairement à ce qui avait été annoncé dans un premier temps, l'alimentation électrique devrait revenir à la normale dès mardi à la Gare Montparnasse. Mais le trafic ne redeviendra pas normal avant la fin de semaine, car les infrastructures de maintenant sont elles aussi touchées.

Près de la moitié des trains n'ont pas pu partir de week-end
Près de la moitié des trains n'ont pas pu partir de week-end © Radio France / Laurent Watrin

Avec quelque 115 trains de grandes lignes supprimés ce lundi (soit 50% du trafic), la journée de lundi est encore critique pour les trains prévus au départ ou à l'arrivée de la Gare Montparnasse. Suite à l'incendie, vendredi, d'un poste d'alimentation électrique de RTE (gestionnaire du réseau à haute tension) à Issy-les-Moulineaux, l'ensemble du trafic a été perturbé tout le week-end.

Lundi, 40% des trains maintenus sont déportés sur la gare de Paris-Austerlitz. La SNCF, qui a dû faire face à certaines situations de trains pris d'assaut, notamment dimanche dans une rame dont 150 personnes ont dû être évacuées, promet que tous les retards supérieurs à trois heures seront remboursés. 

La SNCF a mis RTE sous pression 

Mais la situation pourrait rentrer dans l'ordre plus rapidement que prévu : après avoir annoncé un retour à la normale de l'alimentation électrique de la gare pour jeudi, RTE, qui est une filiale d'EDF, a déclaré dimanche soir que celle-ci serait rétablie "mardi en fin de journée au plus tard (...), peut-être lundi après-midi si les tests sont positifs". Samedi, la SNCF avait mis en demeure RTE de trouver une solution pour aller le plus vite possible ; le gouvernement avait quant à lui annoncé l'ouverture d'une "mission d'enquête". 

Dès samedi, Guillaume Pépy est donc monté  en première ligne, rejetant la faute immédiatement sur RTE. Et la pression s'est accentuée ces deux derniers jours : la SNCF a mis tout son poids dans la balance pour que tout soit réparé dans les meilleurs délais. La SNCF espère donc rétablir intégralement le trafic vendredi à temps pour les prochains grands départs. Pourquoi vendredi ? C'est le délai nécessaire, explique la compagnie, pour opérer les travaux de maintenance et de sécurité sur ces trains et les faire repartir. Sans le coup de pression de ses dirigeants, la SNCF précise que ça aurait pu être pire, qu'on aurait très bien pu attendre jusqu'à lundi.  

Des conditions favorables pour accélérer les réparations

"Nous essayons de ne pas travailler sous pression mais d'être concentrés sur l'objectif de réalisation des réparations", a expliqué Xavier Piéchaczyk, membre du directoire de RTE, ce lundi sur France Inter, pour justifier le fait que la réparation a pu être plus rapide que prévue grâce à des "conditions favorables". "Les équipes opérationnelles ont fait les soudures dimanche après-midi et isolé les câbles dans la nuit (...), ce qu'il nous reste à faire ce sont les tests, qui prennent au moins trois heures"

"C'est un incendie absolument exceptionnel, nous avons dû d'abord laisser intervenir les pompiers, puis dégager le site et après nous avons dû trouver des solutions techniques provisoires et mobiliser des équipes venues de toute la France pour bosser jour et nuit"

Sur place, les travaux de rétablissement ont été plus rapide que prévu : les techniciens ont travaillé tout le week-end d'arrache-pied pour avancer, avec pour principale difficulté toute l'eau utilisée par les pompiers pour éteindre l'incendie de vendredi. "L'eau et l'électricité faisant très mauvais ménage, il nous a fallu évacuer mille mètres cubes d'eau qu'il restait dans une galerie. Cela nous a donné de la visibilité sur le tracé des câbles provisoires", expliquait alors Xavier Piéchaczyk. 

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Reportage avec les réparateurs du site RTE d'Issy-les-Moulineaux

Par Noémie Bonnin

L'entretien des trains aussi touché

Souder ensemble les câbles provisoires, refaire les isolations - ce qui n'est pas une mince affaire, la tension est de 63 000 volts : il a fallu être malin et inventif pour y parvenir rapidement. "Ça nécessite la compétence de techniciens très spécialisés, il y en a très peu en France. Une fois qu'ils font les soudures nécessaires, il faut les ré-emballer pour qu'elles soient bien isolées", poursuit Xavier Piéchaczyk.

La situation est d'autant plus compliquée qu'elle a un impact également indirect sur le trafic : le technicentre de Châtillon, au sud de Paris, chargé de l'entretien des rames, a a lui aussi été privé d'électricité, obligeant de fait certains trains à rester au garage. C'est pour cela que la reprise totale du trafic ne pourra pas se faire immédiatement. 

"A cause du manque d'électricité, on ne peut pas faire tourner les rames pour faire les essais : donc on marche en mode dégradé, tout nous prend plus de temps, pour assurer les prérequis en termes de sécurité par exemple", explique Christophe, l'un des techniciens de maintenance. 

1'15

Reportage au Tecnicentre de Châtillon, qui fonctionne à demi-régime

Par Delphine Evenou
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