Les traumatismes peuvent se révéler ultérieurement
Les traumatismes peuvent se révéler ultérieurement © MaxPPP / Pascal Deloche

Familles endeuillées, survivants des tueries : ces situations, psychologues et psychiatres doivent les gérer depuis vendredi. Certaines personnes traumatisées se sont déplacées d'elles-mêmes à l’hôpital pour choc psychologique.

Depuis vendredi, certains ne parlent plus. D'autres proches de victimes, au contraire, sont très bavards jusque dans les médias. Pour les psychiatres, ils sont en ce moment "dissociés" : c'est le cerveau émotionnel qui parle, un peu dans le vide, pour ne pas avoir à penser la réalité.

Le reportage de Véronique Julia

Plus dure sera la chute car, pour les spécialistes, viendra ensuite le stress post-traumatique : les cauchemars, les sursauts, les images odieuses qui hantent l'esprit... S'il n'est pas soigné très vite, ce stress va s'installer, dans 20 à 30 % des cas, pour plusieurs années.

S'exposer pour ne plus être submergé

Alors il faut traiter, tout de suite. Relaxer le patient d'abord, et l'exposer ensuite progressivement aux scènes qu'il a vécues, pour qu'un jour ces scènes ne viennent plus le submerger.

Gérard Lopez est psychiatre, fondateur du centre de psychotraumatologie à Paris

Il faut confronter les gens à ce qu'ils redoutent,jusqu'à ce qu'on s'habitue et qu'on ne le revive plus. Jusqu'à ce qu'on prenne la "cassette" surchargée d'images et qu'on la mette avec les autres cassettes, dans la bibliothèque des cassettes qu'on ne regarde plus. C'est ça, le principe thérapeutique.

Plus facile à soigner, grâce aux médicaments, l'état dépressif qui touchera la moitié des proches et des survivants. Ils devront surmonter aussi ce qu'on appelle la "culpabilité du survivant" : "pourquoi sont-ils morts quand moi j'ai été épargné ?"

Les médecins, chirurgiens et tout le personnel soignant auront besoin aussi d'un soutien psychologique, explique Gérard Lopez. Même rompus au stress, personne n'est préparé à faire face , hors zone de guerre, à tant de blessés aussi durement touchés.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.