Alors que les discothèques sont toujours fermées, les fêtes des Français se passent aujourd'hui dans leur salon... et deviennent parfois de vrais clusters. Mais sont-elles autorisées ? Combien de personnes peut-on recevoir chez soi aujourd'hui et sous quelles conditions ?

Selon la loi, il n'est pas interdit d'organiser des réunions de personnes chez soi et le nombre d'invités n'est pas non plus limité.
Selon la loi, il n'est pas interdit d'organiser des réunions de personnes chez soi et le nombre d'invités n'est pas non plus limité. © Getty / Klaus Vedfelt

Les boîtes de nuit ne rouvrent pas, bars et restaurants doivent faire appliquer la distanciation physique et le port du masque est obligatoire dans tous les établissements... Bref, les sorties et soirées des Français ne sont plus vraiment ce qu'elles étaient. Pour autant, elles n'ont pas non plus disparu. Malgré les risques liés à la crise du coronavirus, de plus en plus de monde organise des soirées à domicile. Et cela peut parfois virer au désastre. C'est le cas à Saint-Malo, où 60 jeunes se sont retrouvés pour une soirée d'anniversaire mi-juillet. Quelques semaines plus tard, 25 d'entre eux étaient testés positifs au Covid-19. Alors que les soirées entre amis peuvent devenir de réels clusters, sont-elles vraiment autorisées ? Combien peut-on rassembler de personnes chez soi ? Quelles sont les règles à respecter ? 

Est-ce qu'on a le droit d'organiser un événement chez soi ?

Dîners, soirées, apéros, en famille ou entre amis... recevoir des gens chez soi n'est pas interdit en France aujourd'hui. Dans le dernier décret en vigueur, datant du 10 juillet, aucune interdiction de rassemblements dans des lieux privés n'est mentionnée. Sont seulement évoqués les événements publics : lorsqu'ils rassemblent plus de dix personnes, ils doivent être déclarés au préfet qui jugera s'ils peuvent être maintenus ou non. Mais rien sur les réunions dans des lieux strictement privés. 

Combien de personnes peut-on inviter ? 

Au moment de la présentation du plan de déconfinement à l'Assemblée Nationale le 28 avril dernier, l'ex Premier ministre Edouard Philippe avait annoncé que "les rassemblements organisés sur la voie publique ou dans des lieux privés seront limités à 10 personnes". À l'époque, une interdiction générale des rassemblements de plus de dix personnes (sans précision de lieu) était lisible sur le site du gouvernement. Mais aujourd'hui, il n'y a plus aucune trace de cette annonce. Et dans les deux premiers décrets post-confinement, publiés le 11 et 12 mai, aucune interdiction de la sorte n'était mentionnée. À ce moment-là, seuls les rassemblements de plus de dix personnes dans les lieux publics étaient interdits.

Ainsi, en plus d'être autorisées, les soirées ou réunions familiales en appartement ou maison ne sont pas limitées à un certain nombre de personnes. Autrement dit, on ne peut pas être verbalisé parce qu'on a organisé chez soi, ou dans un lieu privé, une fête avec vingt, trente ou cinquante invités.

Y a-t-il des règles à respecter ?

Néanmoins, l'article 1 de ce même décret affirme que "les mesures d'hygiène (lavage des mains, tousser dans son coude, etc) et de distanciation sociale, incluant la distanciation physique d'au moins un mètre entre deux personnes, dites barrières, définies au niveau national, doivent être observées en tout lieu et en toute circonstance". Déclaration à laquelle s'ajoute : "Les rassemblements, réunions, activités, accueils et déplacements, qui ne sont pas interdits en vertu du présent décret, sont organisés en veillant au strict respect de ces mesures". 

Si organiser une soirée dans son salon ou inviter sa famille à dîner n'est pas interdit, et si le nombre de personnes n'est pas officiellement limité, le respect de la distanciation physique y est donc obligatoire. Or, on voit mal comment faire tenir 50 personnes dans un appartement de 30 m2 tout en maintenant un mètre de distance entre chacune d'elles. 

Quelles sont les recommandations ?

Voilà pourquoi, même si rien n'interdit de recevoir chez soi plus de 10 personnes, le gouvernement appelle les Français à rester vigilants. "Les déplacements, événements et regroupements familiaux ou amicaux sont des facteurs susceptibles de favoriser la reprise de l'épidémie", insiste la Direction générale de la Santé. Rappelons qu'à ce jour, plus d'un quart des départements français sont en zone rouge, c'est-à-dire considérée comme "zone de circulation active" du virus. Santé Public France parlait le 3 septembre d'une "progression exponentielle de la transmission du Covid-19" et d'une "circulation principalement chez les jeunes adultes".

Selon Covid-19 Recovery Consulting, les fêtes en intérieur font partie des événements pendant lesquels le risque d'exposition au virus est le plus élevé.
Selon Covid-19 Recovery Consulting, les fêtes en intérieur font partie des événements pendant lesquels le risque d'exposition au virus est le plus élevé. / Covid-19 Recovery Consulting,

Selon Covid-19 Recovery Consulting, une soirée en intérieur représente un niveau d'exposition élevé au coronavirus. D'après l'organisme, les facteurs accentuant les risques de contamination sont : un espace clos, des contacts rapprochés, une longue durée, des possibilités de distanciation limitées et un partage de cigarettes et de circulation de la fumée (et donc des risques de toux).

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