Atterrissage réussi à Abou Dhabi pour l'avion solaire qui est parvenu à faire le tour de la Terre sans utiliser une goutte de carburant.

Les deux pilotes qui viennent de réussir un tour du monde avec l'avion Solar Impulse
Les deux pilotes qui viennent de réussir un tour du monde avec l'avion Solar Impulse © Reuters / Amr Dalsh

Pari réussi pour les initiateurs du projet Solar Impulse. Cet avion capable de voler jour et nuit grâce à l'énergie solaire vient de boucler son tour du monde.

L'appareil était piloté par le Suisse Bertrand Piccard lors de cette dernière étape entre Le Caire et Abou Dhabi. Il a atterri ce matin à l'aéroport Al-Bateen, près de la capitale des Emirats arabes unis, d'où il était parti le 9 mars 2015 pour un périple de plus de 42.000 kilomètres, effectué sans aucun carburant.

Un exploit technologique et humain

Pendant 16 mois, Bertrand Piccard, 58 ans, et André Borschberg, 63 ans, se sont relayés aux commandes du monoplace, dans un cockpit de 3,8 m2 sans air conditionné ni chauffage, mais équipé de bouteilles d'oxygène pour permettre aux pilotes de respirer et d'un coin toilettes.

On fait des petites siestes de 20 minutes. Des exercices dans le cockpit, une demi-heure, le matin et l'après midi, sinon au bout de plusieurs jours on ne peut plus bouger ses bras et ses jambes, a expliqué Bertrand Piccard au Caire avant le départ pour Abou Dhabi.

Solar Impulse est très léger - 1,5 tonnes - mais il est aussi large qu'un Boeing 747. Sa vitesse moyenne est de 80 km/h grâce à des batteries qui emmagasinent l'énergie solaire captée par quelques 17.000 cellules photovoltaïques sur ses ailes.

Une boucle difficile à boucler

Le tour du monde sans carburant, à 8.500 mètres d'altitude au maximum, aura duré plus d'un an et quatre mois. L'aventure était prévue au départ pour durer cinq mois, dont 25 jours de vol effectif.

Parti d'Abou Dhabi, Solar Impulse s'est posé successivement à Mascate (Oman), Ahmedabad et Bénarès (Inde), Mandalay (Birmanie), Chongqing et Nankin (Chine), puis Nagoya (Japon) et Hawaï (Etats-Unis), où il avait fait une escale technique imprévue de plusieurs mois.

Il avait fallu changer les batteries, très endommagées après la longue traversée du Pacifique.

L'avion a ensuite traversé l'Amérique du Nord, s'arrêtant à San Francisco, Phoenix, Tulsa, Dayton, Lehigh Valley et enfin New York. Puis il a traversé l'Atlantique sans escale pour se poser le 23 juin à Séville, dans le sud de l'Espagne, d'où il a rallié le 13 juillet Le Caire.

Bertand Piccard avait lancé ce projet fou en 2003 pour "transmettre le message que les technologies propres peuvent réaliser l'impossible."

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.