EXCLUSIF - Un sondage, réalisé pour la newsletter féministe "Les Glorieuses" auprès d’adolescentes, montre que les règles sont toujours vécues comme une honte. 7 adolescentes sur 10 "ne sont pas suffisamment à l'aise avec le personnel encadrant pour demander de l'aide en cas d'oubli ou de pénurie de protection".

Il a fallu attendre 2018 pour qu'une marque de serviettes illustre les règles avec un liquide rouge et non plus bleu comme cela était fait depuis des décennies.
Il a fallu attendre 2018 pour qu'une marque de serviettes illustre les règles avec un liquide rouge et non plus bleu comme cela était fait depuis des décennies. © Capture d'écran de France télévision

Il aura fallu attendre 2018 pour qu'une marque accepte de mette du rouge sur ses serviettes hygiéniques pour illustrer les règles dans un clip publicitaire. Un détail qui n'en est pas un et qui en dit long sur notre incapacité collective à parler tout simplement de menstruations. Tabou religieux mais aussi politique, les règles font peur, honte, mal sans que celles qui les vivent puissent en discuter librement ou aborder la question en toutes circonstances. 

C'est aussi ce qui ressort du sondage réalisé par la newsletter les Glorieuses. Sur les 1653 adolescentes de 12 à 19 ans interrogées par l'Ifop, 97% estiment que les protections périodiques sont trop chères. Plus étonnant, 7 personnes sur 10 (67,5%) "ne sont pas suffisamment à l'aise avec le personnel encadrant et éducatif pour demander de l'aide en cas d'oubli ou de pénurie de protection"

Or, près de 8 personnes qui ont leur règles sur 10 se sont déjà trouvées en pénurie de protection périodique à l'école (87,8%). Près de la moitié ont déjà été dans cette situation 2 ou 3 fois ; et un quart plus de 5 fois.

Les règles sont donc encore trop souvent vécues comme un problème, comme le confirme Rebecca Amsellem pour France Inter.  "C'est encore quelque chose dont on a honte parce qu'on n'en parle pas assez. Les règles ça relève encore dans les esprits, du ressort de l'impur". 

Des protections périodiques gratuites dans des collèges à Paris

C'est aussi un problème sanitaire et économique. 82% des sondées ne savent pas ce que contiennent les protections hygiéniques. Ce chiffre est élevé chez les adolescentes mais il serait sans doute aussi très élevé chez les adultes. 

Les règles restent aussi un frein à l'épanouissement de femmes. Elles empêchent 75% des sondées de faire du sport, 41% d'aller en cours et 53% d'entreprendre une activité sociale. L'une des clefs pour éviter aux jeunes filles d'être handicapées par leurs règles seraient de fournir aux adolescentes des protections périodiques gratuitement dans des distributeurs dans les collèges et les lycées comme c'est le cas en Ecosse. 

La mairie du Xe arrondissement de Paris va d'ailleurs tester des distributeurs gratuits de protections périodiques dans six collèges, annonce les Gloreuses à France Inter.

L'objectif de la campagne des Glorieuses #stopprécaritémenstruelle est précisément de dire que les règles ne sont pas sales et qu'il faut en parler parce que c'est politique d'en parler. "On nous a appris que c'était sale et impur et que les femmes devaient se débrouiller avec leurs règles seules. C'est un énième élément qui montre que l'on est dans un monde qui a été fait pour les hommes et pas pour les femmes. Les règles doivent être représentées et expliquées. Les règles ce n'est pas sale. Il faut en parler parce que c'est politique d'en parler" insiste Rebecca Amsellem. 

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