Non, faire prendre l'air à sa tortue ou à son boa de compagnie n'est pas un motif valable de sortie. Tout comme jouer à Pokémon Go, ou encore organiser un barbecue. Mais ça, visiblement, certains ne l'ont pas compris.

À Rome, une femme a écopé d'une amende de 400 euros alors qu'elle faisait prendre l'air à sa tortue.
À Rome, une femme a écopé d'une amende de 400 euros alors qu'elle faisait prendre l'air à sa tortue. © Getty / Teddi Yaeger Photography

Quand le non-respect du confinement confine à la bêtise. Alors que des restrictions de déplacement face à l'épidémie de coronavirus sont imposées un peu partout dans le monde, certains n'hésitent pas à braver l'interdit, avec des excuses et des attitudes parfois pour le moins insolites. Tour d'horizon.

Elle faisait prendre l'air à sa tortue

Si on ne peut même plus sortir sa tortue tranquille. Lundi, une habitante de Rome a justifié sa présence dans les rues de la ville éternelle auprès des forces de l'ordre en disant qu'elle souhaitait simplement "promener sa tortue." Justification un peu légère pour les carabiniers, qui ont infligé à la sexagénaire une amende de 400 euros. Selon les données du ministère de l'Intérieur italien, un nombre record de verbalisations ont été dressées en Italie à l'occasion du Lundi de Pâques.

Sinon, dans la même veine, un homme a été appréhendé dans le 11e arrondissement de Marseille alors qu'il faisait "prendre l'air" à son boa, et un couple verbalisé dans le Vaucluse alors qu'il promenait son lapin en laisse.

Il chassait des Pokémon

En Espagne, un Madrilène de 77 ans s'est fait coincer non à cause d'une tortue ou d'un lapin, mais alors qu'il était en pleine chasse de créatures virtuelles sur l'application Pokémon Go, rapporte le quotidien national El País. La police municipale de Madrid n'a pas manqué de se fendre d'un tweet réprobateur, en rappelant que "chasser des Pokémon, des dinosaures ou toute autre créature magique" était interdit durant la période de confinement.

Il a montré ses fesses à l'hélicoptère de la gendarmerie

En avril, ne te découvre pas d'un fil ? Visiblement, un habitant de Loire-Atlantique n'a pas bien compris le dicton. Alors que l'hélicoptère de la gendarmerie de Rennes surveillait l'arrière-pays pour vérifier si les habitants respectaient bien le confinement, un promeneur a montré son fessier aux militaires alors qu'ils le survolaient, relate France Bleu Loire Océan

L'homme a été rapidement retrouvé par une patrouille de gendarmes à VTT. Il a écopé de deux amendes de 135 euros : la première parce qu'il n'avait pas d'attestation de déplacement, la seconde parce qu'il se baladait dans un endroit interdit par un arrêté préfectoral.

Une amende de 30 000 euros... pour être sorti en boîte de nuit

Les Taïwanais ne rigolent pas avec la violation du confinement. Soirée très coûteuse pour un habitant de la capitale Taipei, qui fin mars a écopé d'une amende d'un million de dollars taïwanais (30 900 euros) pour être allé danser en discothèque, alors qu'il était censé être en quarantaine à domicile. Le fêtard malheureux était tenu de rester quatorze jours chez lui après être rentré d'Asie du Sud-Est. Les autorités ont décidé de lui infliger l'amende la plus élevée, en dénonçant carrément sa "malveillance".

Ils participaient à un "barbecue sauvage"

À Saint-Étienne, le barbeuc entre amis a tourné court. Début avril, la police est intervenue après avoir repéré un rassemblement d'une vingtaine de personnes autour d'un "barbecue sauvage", raconte France Bleu Saint-Étienne Loire. À l'arrivée des forces de l'ordre, la vingtaine de personnes a pris la fuite pour échapper aux contrôles. Quelques minutes plus tard, pensant que les agents étaient partis, deux des participants sont revenus en catimini pour récupérer du matériel. Ils ont écopé d'une amende de 135 euros chacun. Ça fait cher la grillade, comme n'a pas manqué de le souligner la police de la Loire sur son compte Twitter : 

Dans le même ordre d'idée, dans la Manche, un habitant de Cherbourg a été verbalisé parce qu'il avait rajouté la case "apéro" sur son attestation de sortie.

Ils s'auto-infligent une amende

On reste dans la Manche. Fin mars, des commerçants sont sortis pour filmer un sketch sur une place d'Avranches, rapporte le quotidien La Manche Libre. Une petite vidéo pour remonter le moral de leurs collègues, mais qui est très mal passée auprès de l'opinion publique en cette période de confinement. 

Face à la polémique, ils ont publié une seconde vidéo d'excuse et se sont d'eux-mêmes infligés une amende de 135 euros chacun. Une somme versée à un groupe Facebook intitulé "Fiers de nos soignants" qui servira "à financer les goûters des enfants des personnels soignants accueillis dans les écoles", disent les commerçants penauds. C'est ce qui s'appelle faire amende honorable.

Elle est sortie pour acheter quelques bouteilles de Coca-Cola

"Regardez ce que vous achetez. Vous prévoyez une gastro ou quoi ?" La réplique bien sentie d'un gendarme vosgien, diffusée lors d'un reportage du journal de France 3 le 22 mars dernier, avait fait le tour des réseaux sociaux. Le gendarme interpelle une femme sur le parking d'un supermarché : son caddie est presque vide, mis à part...  dix bouteilles de Coca-Cola. La femme, non verbalisée, a été rappelée à l'ordre, et sommée d'aller chercher son attestation. Et de revoir la définition d' "alimentation de première nécessité."

Pour rappel :  "La vérification des denrées alimentaires et la désignation des biens de première nécessité sont des critères subjectifs et incontrôlables, il suffit de présenter son attestation correspondant au motif de la sortie temporaire du confinement et de l’achat de denrées", expliquait à France Inter la police nationale sur son tchat dédié.

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