Ils seraient 700 000 entre 15 et 30 ans à vivre en situation d'isolement social, d'après une étude du Crédoc. SOS Amitié utilise les réseaux sociaux pour atteindre ce public jeune que l'association touche peu par téléphone.

Ils seraient 700.000 jeunes en situation d'isolement social.
Ils seraient 700.000 jeunes en situation d'isolement social. © AFP / Christophe Lehenaff

Dans ce poste d'écoute de SOS Amitié, on reçoit des appels par téléphone au numéro habituel le 0972394050, Mais à l'heure des réseaux sociaux, contacter SOS Amitié peut aussi passer par une messagerie ou un chat.

Certes, le nombre de coups de fil – 700 000 par an – est bien supérieur aux contacts par internet, mais ces derniers augmentent chaque année : "En deux ans, il ont doublé", explique Alain Mathiot, le président de SOS Amitié. Un public particulier utilise chat et messagerie, les jeunes entre 15 et 30 ans. Parmi eux, des adolescents mais aussi des pré-ados, qui ont à peine 12 ou 13 ans, qui ne s'expriment pas de la même façon que les adultes. Autre changement, alors que les coups de fil durent en moyenne 15 à 20 minutes, les sessions de chat peuvent s'étendre sur 40 minutes.

Marie, une écoutante, a dû apprendre à décrypter leur langage, qui peut passer par des symboles, smileys et autres emojis. 

Ces jeunes sont aussi beaucoup plus directs et leurs propos sont moins allusifs que ne le sont ceux des adultes. Le mot suicide est très souvent écrit. 

Le chercheur Romain Huet, qui travaille actuellement sur l'utilisation des réseaux sociaux dans les dispositifs d'écoute, constate que les problématiques évoquées par les moins de 25 ans ne correspondent pas aux difficultés rencontrées par les adultes.

Une autre manière d'écouter

Harcèlement scolaire, scarification, suicide, rumeur... pour faire face à ces questions douloureuses, les écoutants doivent les connaître pour ensuite donner des pistes aux adolescents. "C'est une autre manière d'écouter pour ces écoutants plutôt âgés en général retraités." 

Plus de 16 700 requêtes explicites effectuées sur Google entre juin 2016 et juin 2017 étaient liées à la solitude des jeunes, qui tapaient "SOS Amitié", "site de rencontre amicale", "pas d'amis", "toute seule". Un partenariat a été passé entre Google et SOS Amitié. Lorsque le mot "suicide" est tapé dans la barre de recherche du moteur, les coordonnées de l'association apparaissent aussitôt. 

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