[scald=87365:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a des doutes sur les conditions de la faillite de Petroplus, a dit vendredi le ministre de l'Energie, Eric Besson, après l'ouverture d'une enquête de police pour des soupçons de faillite frauduleuse.

Le groupe suisse, qui a mis en vente sa raffinerie française de Petit-Couronne (Seine-Maritime), a rejeté ces allégations.

L'enquête repose sur des soupçons portant sur la filiale française basée dans les Hauts-de-Seine, a précisé le bureau du procureur de Nanterre.

"Oui, nous avons des suspicions sur les conditions de cette faillite, et notamment sur les flux financiers qui l'ont précédée la veille et l'avant-veille. Il faut que la justice fasse la lumière sur ce qui s'est exactement passé", a dit Eric Besson sur France Inter.

Incapable de faire face à des engagements de 1,75 milliard de dollars (1,3 milliard d'euros) faute d'accord avec ses banques, Petroplus a annoncé le déclenchement d'une procédure d'insolvabilité qui menace plus de 2.000 emplois en Europe.

Il a lancé le processus de vente du site de Petit-Couronne, qui emploie 550 personnes, et a fait savoir qu'il examinait des "alternatives stratégiques" pour ses raffineries d'Anvers, en Belgique, et de Cressier, en Suisse.

"Notre principale préoccupation, c'est le maintien de l'activité, le maintien des emplois" à Petit-Couronne, a dit Eric Besson.

Le parquet, qui a eu accès à des pièces comptables lors de la procédure de redressement judiciaire de la filiale française, s'intéresse en particulier à un transfert financier de 100 millions d'euros, a dit une porte-parole.

"Le parquet a eu connaissance de documents nécessitant des vérifications, et notamment relatifs à des transferts financiers posant question, laissant penser qu'on avait volontairement appauvri la filiale", a-t-elle déclaré.

Caractériser le délit pénal de "banqueroute par détournement d'actifs" n'est pas acquis, puisque la société est en difficulté non seulement au plan français mais à l'échelle mondiale.

Le gouvernement français dit chercher un repreneur pour la raffinerie normande, et les salariés menacent de mener des actions violentes si rien n'est fait pour sauver leur emploi.

L'opération s'annonce compliquée dans un contexte de diminution du nombre de raffineries en fonction, Petit-Couronne étant en outre considérée comme une des moins profitables de France par les experts du secteur.

Jean-Baptiste Vey, édité par Jean-Michel Bélot

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