A Paris, les collectifs contre les violences faites aux femmes ont manifesté place de la République. Un rassemblement pour dénoncer les féminicides, et exhorter le gouvernement à protéger les femmes.

Place de la République à Paris, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées contre les violences faites aux femmes et les féminicides
Place de la République à Paris, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées contre les violences faites aux femmes et les féminicides © Radio France / Rémi Brancato

Le collectif Nous Toutes, Osez le Féminisme ou encore la Fondation des femmes, ont réuni des centaines de personnes, femmes ou familles de victimes. Alors que l'on dénombre 74 cas de féminicides depuis le début de l'année, les associations réclament une meilleure protection pour les femmes soumises aux pressions ou aux agressions de leurs compagnons. 

La comédienne Muriel Robin, présente sur place, a demandé 74 secondes de bruit en hommage aux 74 femmes mortes sous les coups de leurs conjoints et ex conjoints. 

"Je demande au président, qui a parlé de cause nationale : qu'en est-il ?", a lancé la comédienne Muriel Robin, très impliquée dans la lutte contre les violences faites aux femmes. "Combien coûte la vie d'une femme en 2019 ?"

Plus tôt dans la journée, elle a interpellé le gouvernement, en lui demandant de consacrer plus de moyens humains et financiers à ce combat.

Patriarcat et machisme en ligne de mire

Les slogans ont dénoncé le système patriarcal et la domination masculine. 

Place de la République, le patriarcat est pris à partie
Place de la République, le patriarcat est pris à partie © Radio France / Rémi Brancato
Fatima Benomar, co-fondatrice de l'association Les Effrontées
Fatima Benomar, co-fondatrice de l'association Les Effrontées © Radio France / Rémi Brancato

Les manifestantes ont rappelé aux hommes, qu'elles n'avaient pas besoin de sang et de douleur (supplémentaire). 

Pancarte porté par Olivia, parisienne
Pancarte porté par Olivia, parisienne © Radio France / Rémi Brancato

Benoîte Groult ou Françoise Lhéritier citées 

"Stop féminicides", "le machisme tue" ou encore "la planète a besoin de femmes vivantes", pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les manifestants, au nombre de 2.000 selon les organisateurs.

Slogan inspiré d'une phrase de la journaliste et romancière Benoîte Groult
Slogan inspiré d'une phrase de la journaliste et romancière Benoîte Groult © Radio France / Rémi Brancato
Citation de Françoise Lhéritier
Citation de Françoise Lhéritier © Radio France / Rémi Brancato
Une militante de l'Alliance des femmes, issue du MLF (Mouvement de Libération pour les Femmes)
Une militante de l'Alliance des femmes, issue du MLF (Mouvement de Libération pour les Femmes) © Radio France / Rémi Brancato
Florence, ancienne victime de violences conjugales, venue du Val-de-Marne
Florence, ancienne victime de violences conjugales, venue du Val-de-Marne © Radio France / Rémi Brancato

"Le silence tue"

Après les cris, pour faire du bruit et dénoncer la mort des femmes, les manifestants ont été invités à s’asseoir symboliquement. 

Assis, puis couchés, les manifestantes portaient les slogans à même le corps pour certaines. 

Les associations, artistes, avocats, et magistrats demandent à Emmanuel Macron de se mobiliser plus fortement. 

Selon le ministère de l'Intérieur, 130 femmes sont mortes en 2017 en France sous les coups de leur compagnon, ex-conjoint ou petit ami, contre 123 en 2016.  Le gouvernement, par la voix de la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa, a assuré à plusieurs reprises qu'il mettait "tout en oeuvre pour qu'enfin ces chiffres baissent".

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