Après l'allocution d'Emmanuel Macron et ses annonces sur le SMIC, les heures supplémentaires ou encore l'annulation de la hausse de la CSG pour les retraités les plus modestes, les principales figures du mouvement sont divisées entre partisans d'un "acte V" et tenants d'une "trêve" dans la contestation.

La bretonne Jacline Mouraud appelle à une "trêve", compte tenu de la porte ouverte par Emmanuel Macron lundi soir
La bretonne Jacline Mouraud appelle à une "trêve", compte tenu de la porte ouverte par Emmanuel Macron lundi soir © AFP / Damien Meyer

Dans son discours à la télévision, lundi soir, Emmanuel Macron a notamment annoncé une hausse de 100 euros net par mois des revenus des salariés au SMIC, l'annulation de la hausse de la CSG pour les retraités touchant moins de 2 000 euros par mois, ou encore la défiscalisation des heures supplémentaires. Malgré la promesse de ces mesures, censées calmer la fronde des "gilets jaunes", un peu plus de la moitié des Français (54%) souhaitent une poursuite du mouvement selon un sondage Odoxa. Les principaux porte-voix du mouvement sont eux aussi divisés sur la suite. 

Jacline Mouraud

L'une des premières figures de proue des Gilets jaunes, la bretonne Jacline Mouraud, rendue célèbre par la vidéo de son coup de colère contre la politique fiscale du gouvernement, a pris ses distances avec les tenants d'une ligne radicale. Après avoir été reçue à Matignon vendredi avec des représentants des Gilets jaunes libres, une fraction modérée du mouvement, elle avait appelé à ne pas manifester à Paris samedi 8 décembre, pour ne pas être assimilés aux casseurs du weekend précédent. Après les annonces d'Emmanuel Macron ce lundi soir, elle appelle désormais à "transformer le mouvement", en saluant "des avancées". "On a une économie qui s'effondre, des commerçants prêts à mettre la clé sous la porte, on ne peut pas se rendre responsables d'une multitude de dépôts de bilan", a-t-elle plaidé sur LCI, en appelant à "sortir intelligemment" du mouvement. 

Benjamin Cauchy

Lui aussi fer de lance du mouvement des "gilets jaunes libres", Benjamin Cauchy est plus ambigu sur la suite des événements. Il n'appelle pas clairement à manifester samedi 15, mais souhaite poursuivre la contestation. "Il y a des choses qui sont positives", estime-t-il sur LCI après les annonces d'Emmanuel Macron, "mais il y a encore beaucoup de choses à faire. Nous souhaitons surtout continuer dans le dialogue social". Dans une interview au Figaro, il critique notamment la décision du chef de l'État de ne pas revenir sur la transformation de l'ISF, une fin de non-recevoir à une revendication des gilets jaunes qui le maintient dans son image de "président des riches". 

Eric Drouet

Il est l'un des "gilets jaunes" les plus déterminés, à tel point qu'il est désormais visé par une enquête après avoir appelé à "rentrer" dans l'Élysée, quelques jours avant la manifestation du 10 décembre, et ne baisse pas la garde. Immédiatement après l'allocution d'Emmanuel Macron à la télévision, il a appelé les "gilets jaunes" à ne pas cesser leur contestation. "À tous, je vous dis à samedi", écrit-il notamment sur sa page Facebook. Il appelle notamment à bloquer le périphérique parisien, une idée déjà lancée samedi 10, entendue par plusieurs centaines de gilets jaunes qui ont bloqué pendant quelques minutes l'axe au niveau des portes Maillot et Dauphine, mais sans grand succès. 

Maxime Nicolle

Celui qui se fait appeler Fly Rider sur les réseaux sociaux, et dont les vidéos sont très partagées parmi les "gilets jaunes", est lui aussi peu satisfait des annonces d'Emmanuel Macron. Il le dit dans une nouvelle vidéo publiée sur sa page Facebook, vidéo intitulée "Les miettes tombent". Maxime Nicolle déplore notamment que le président n'ait pas abordé la question du RIC, le référendum d'initiative citoyenne, devenu l'une des principales revendications des Gilets jaunes. "Ce qu'on voit, c'est que le premier de cordée commence à comprendre qu'il y a un paquet de gens qui tirent sur la corde de l'autre côté. Donc il a voulu lâcher un peu de mou, mais il n'a pas compris que comme il a lâché un peu de mou, on va tirer d'un coup sec, et il va tomber de son piédestal. J'espère que vous avez compris que ses paroles sont un enfumage. Il ne parle pas du référendum d'initiative citoyenne, de la TVA, des dépenses de l'État ou des personnes handicapées"

Priscillia Ludosky

Comme Maxime Nicolle et Eric Drouet, dont elle est proche dans le mouvement des Gilets jaunes, elle n'a pas été convaincue par les annonces d'Emmanuel Macron. "Il y a un mois, écrit-elle sur Facebook, le gouvernement disait 'On garde le cap'. Aujourd'hui, le gouvernement annonce des mesures. Aujourd'hui, à notre tour de répondre 'On garde le cap'. Le vent tourne !"

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