La Fédération des usagers de la bicyclette dévoile le second baromètre des villes préférées des cyclistes. Près de 200 000 cyclistes ont répondu au questionnaire. Grenoble est "la première ville cyclable de France”, Paris progresse, Marseille est loin derrière.

Une cycliste, bien équipée, circulant à Paris.
Une cycliste, bien équipée, circulant à Paris. © AFP / Stéphane de Sakutin

C’est l’un des faits avérés de la grève dans les transports, notamment dans la capitale : le vélo apparaît désormais comme une réelle alternative pour les déplacements quotidiens. Cette année, le second baromètre des villes cyclables, réalisé par la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB), a d’ailleurs vu le nombre de réponses d’usagers faire un bond de 65% par rapport à la première édition en 2017. 

Au total, ce sont près de 200 000 personnes qui ont répondu au questionnaire soumis par l’association, interrogeant les usagers sur l’état des infrastructures, leur confort, le partage de l’espace public ou bien encore la sécurité. De même, contre 300 villes il y a deux ans, ce sont plus de 750 qui sont désormais analysées. 

Grenoble et Strasbourg en avance

S’il faut noter le biais (assumé) de cette enquête qui se base exclusivement sur la participation et les réponses des internautes à un sondage, elle présente donc un nombre de réponses bien plus important que lors de la première enquête. Elle montre aussi que la majorité des villes ont une note en dessous de la moyenne (95 % d’entre elles) quand d’autres sont plébiscitées pour la qualité de leurs infrastructures. 

Résultat, plusieurs d’entre elles obtiennent d’excellentes notes (sur un barème de A à G). “Strasbourg reste première ville dans la catégorie des plus de 200 000 habitants, Grenoble reste première dans la catégorie de 100 000 à 200 000 habitants. Mais la note de Grenoble dépasse celle de Strasbourg et devient la première ville cyclable de France”, explique Olivier Schneider, président de la FUB. Paris et Grenoble, parmi les villes entre 100 000 et 200 000 habitants, enregistrent la meilleure progression. 

Dans les plus grosses agglomérations françaises, c’est en effet Strasbourg, Nantes et Rennes qui arrivent en tête du classement. Marseille obtient la plus mauvaise note, G. On trouve aussi parmi les bons élèves, dans la catégorie des villes entre 100 000 et 200 000 habitants, Grenoble donc, mais aussi Angers et Caen.  

/ Fédération des usagers de la bicyclette
/ FUB

Mais “ce n’est pas en un mandat qu’on rattrape 30 ans de retard de politique cyclable”, reconnaît le président de la FUB, pour expliquer la grande part de mauvais scores. Les villes qui se sont penché sur le sujet il y a déjà plusieurs années sont logiquement bien classées. 

Argument pour les municipales

Après plusieurs semaines de grève, “l’idée que le vélo puisse être une réelle solution de déplacement est devenue bien plus crédible dans la population comme chez les candidats aux élections municipales”, analyse à Libération l’économiste des transports et urbaniste, Frédéric Héran. 

"La grève a mis en exergue le fait que c’est une solution naturelle et astucieuse pour se déplacer".

Par rapport à il y a six ans, le vélo n'est, c’est vrai, plus un sujet qui ne concerne que quelques utopistes ou quelques écologistes. La grève a mis en exergue le fait qu’à vélo, on peut se déplacer relativement vite, que c’est une solution naturelle et astucieuse pour se déplacer”, abonde Olivier Schneider qui observe pour la première fois des candidats dire “des choses sérieuses” sur la place du vélo. 

D’ailleurs, “le vélo n'est absolument pas l'apanage des cœurs de métropoles”, poursuit-il, au regard, du nombre de réponses. Surprise de l’enquête : la ville qui obtient la meilleure note est la petite commune de Saint-Lunaire (Ille-et-Vilaine, moins de 2 000 habitants). C’est la seule à obtenir un A (pour 80 avis) ; le maire y a décidé que “sur les quatre plages de la communes, plus aucune ne serait accessible en voiture”. 

Beaucoup de gens ont répondu dans le rural et le péri-urbain. Il y a une prise de conscience : les gens se disent qu’ils ne sont pas drogués à l’essence et réclament le besoin d’infrastructures cyclables”, ajoute Olivier Schneider. Mais c’est bien là tout le problème : aujourd'hui le vélo ne représente que 3 % des déplacements quotidiens. Et si le gouvernement espère tripler cette part d’ici 2024, année des JO à Paris, il faut donc que les infrastructures soient au rendez-vous. 

Évidemment, le vélo ne s’adapte pas à tous les déplacements, en revanche il peut convenir à tous les territoires, milite l’association. Elle avance qu’environ un tiers des trajets font entre 2 et 7 km, “distance idéale pour le vélo” qui a donc un rôle à jouer que le secteur soit rural, péri-urbain ou urbain.  

400 000 points noirs à améliorer

Pour aider les acteurs locaux à faire bouger les choses, l’association a créé une plateforme via son site “Parlons vélo”, pour “mettre le vélo au cœur de la campagne des élections municipales de mars 2020”. Par ailleurs, une carte des principaux points noirs (400 000 tout de même) et des axes à améliorer prioritairement a été mise en ligne pour aider les élus qui, avoue Olivier Schneider, “ne savent pas par où commencer”. 

Beaucoup de gens ont répondu dans le rural et le péri-urbain. Il y a une prise de conscience : les gens se disent qu’ils ne sont pas drogués à l’essence et réclament le besoin d’infrastructures cyclables”, ajoute Olivier Schneider. Mais c’est bien là tout le problème : aujourd'hui le vélo ne représente que 3 % des déplacements quotidiens. Et si le gouvernement espère tripler cette part d’ici 2024, année des JO à Paris, il faut donc que les infrastructures soient au rendez-vous. 

La carte des 400 000 points noirs identifiés par les cyclistes qui ont répondu à l'enquête.
La carte des 400 000 points noirs identifiés par les cyclistes qui ont répondu à l'enquête. / Parlons vélo
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