Deux semaines après la rentrée, le gouvernement annonce son intention de supprimer 1 800 postes dans les collèges et les lycées dès 2019. Explication : le ministère, qui voit son budget augmenter dans le même temps, veut ainsi doper le pouvoir d'achat de ses enseignants... sans convaincre les syndicats.

Jean-Michel Blanquer annonce la suppression de 1 800 postes
Jean-Michel Blanquer annonce la suppression de 1 800 postes © AFP / Richard BOUHET

Interrogé dans les colonnes du Figaro, le ministre de l'éducation nationale confirme : 1 800 postes seront bien supprimés l'an prochain dans l'Éducation nationale, "soit 0,2% des emplois du ministère."

Il s'agit en fait de plus de 1800 postes supprimés dans les collèges et lycées, puisque des postes seront créés, dans le même temps, dans les écoles primaires auxquelles le gouvernement veut redonner la priorité, et où seront créées des classes dédoublées dans les zones d'éducation prioritaire (ZEP).

Pourtant, dans les collèges et lycées, l'augmentation du nombre d'élèves par classe sera inévitable, à cause de la hausse démographique observée, quand le nombre d'élèves baisse en revanche dans les écoles  

Doper le pouvoir d'achat des enseignants  

Autre raison avancée par Jean-Michel Blanquer pour justifier ces suppressions de postes:  les chefs d'établissement pourront, pour compenser cette baisse, imposer plus d'heures supplémentaires aux enseignants, des heures supplémentaires exonérée de cotisations salariales, comme une nouvelle version du "travailler plus pour gagner plus" : 

Les heures supplémentaires seront exonérées de cotisations salariales, donc plus rémunératrices pour les professeurs.   

Il ajoute que le budget du ministère sera augmenté de 850 millions d'euros en 2019, soit 1,7%.  "C'est l'une des plus importantes augmentations au sein de l'Etat. Le budget 2019 s'inscrit pourtant dans un contexte d'effort général de l'ensemble des pouvoirs publics", a-t-il souligné.    

Des syndicats inquiets

Pourtant, ces réductions de postes suscitent l'inquiétude des syndicats d'enseignants du secondaire. Pour Frédérique Nolet, secrétaire générale du SNES-FSU, cela va se traduire automatiquement par des classes encore plus chargées notamment dans les lycées : "On on va avoir moins de profs et plus d'élèves".  Dans la réforme du lycée, "il est dit qu'il faudra mutualiser les enseignements, donc tout le monde n'aura plus le droit à une offre de formation riche dans tous les lycées. On se doutait donc bien que le second degré serait sacrifié, mais là, on est en train de mentir aux familles et aux élèves", a-t-elle dénoncé.    

Ainsi pour les syndicats d'enseignants, ces nouvelles annonces rappellent la période noire des "années Sarkozy", qui avait vu la suppression de 80 000 postes en moins dans l'éducation nationale entre 2008 et 2012. A l'époque, le numéro 2 du ministère était justement un certain…. Jean-Michel Blanquer.

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