Syndicats, partis politiques et associations se sont unis ce samedi pour appeler à manifester contre la politique du gouvernement, à Paris et dans d'autres villes de France. Les manifestations ont rassemblé 250 000 personnes selon la CGT, et quelques dizaines de milliers selon la police.

Une précédente manifestation contre Emmanuel Macron, le 13 mai dernier
Une précédente manifestation contre Emmanuel Macron, le 13 mai dernier © AFP / NICOLAS MERCIER / CrowdSpark

Pour Jean-Luc Mélenchon, leader de la France Insoumise, cette journée de manifestation devait être une "super fête à Macron", en référence à la manifestation qui avait réuni entre 40 000 et 160 000 personnes le 5 mai dernier à Paris, contre la politique d'Emmanuel Macron, à l'appel du député François Ruffin.

Défilés à Paris et ailleurs

Ce samedi, c'est une soixantaine de syndicats, d'organisations politiques et d'associations au total qui ont appelé à manifester, et notamment Attac, la fondation Copernic, les partis de la gauche de la gauche (NPA, PCF, EELV, France Insoumise), des syndicats dont la CGT, l'Unef et Solidaires, et plusieurs associations. 

Selon la CGT, le défilé parisien a rassemblé 80 000 participants, contre 21 000 selon la préfecture de police. Le syndicat avance en outre le chiffre de 250 000 participants dans l'ensemble du pays. Selon le comptage indépendant de la société Occurrence, mandatée par plusieurs médias, il y avait 31 700 manifestants. 

La manifestation parisienne, qui n'aura pas de cortège de tête mais sera précédée par un char, doit s'élancer de la Gare de l'Est en ce début d'après-midi, direction Bastille. En marge de la manifestation, 32 personnes ont été interpellées par la police, notamment en possession de cagoules noires. 

Un policier a été blessé par un jet de projectile, en marge de la manifestation, et était en "urgence relative" selon la Préfecture de police, qui a également indiqué qu'un groupe de personnes cagoulées avait lancé ces projectiles. La vitrine d'une agence d'assurances a, en outre, été dégradée. 

D'autres défilés auront lieu ailleurs en France, notamment à Marseille, où sera présent Jean-Luc Mélenchon. "Macron est en train de se construire comme chef de la droite, c'est un mélange de Sarkozy et de Giscard", a-t-il déclaré vendredi. Ce samedi matin plusieurs rassemblents ont également eu lieu : selon la police, il y avait 1 200 personnes à Lyon, 1 900 à Grenoble et 2 000 à Montpellier, où les organisateurs en revendiquent 4 000.

"Il est déterminé, Macron, mais on est déterminés aussi" (Olivier Besancenot)

Ordre dispersé

Toutefois, cet appel unitaire compte quelques absents. Si le nom de Lutte Ouvrière ne figure pas dans l'appel, Nathalie Arthaud a appelé à manifester mais affirme ne pas faire confiance au leader Insoumis.Quant au PS, il est volontairement absent de cette mobilisation : "Il y a un moment social qu'il faut respecter, et puis il y aura un moment politique (...) A trop faire craindre le risque de récupération, on n'aide pas le mouvement social, on l'affaiblit", a expliqué Olivier Faure, Premier secrétaire du parti. 

De même, l'Unsa, la CFDT et FO ont annoncé qu'elles ne se joignaient pas à cet appel unitaire, dans une volonté de ne pas confondre lutte syndicale et luttes politiques

Macron ne veut pas reculer

Vendredi, Emmanuel Macron, interrogé sur la tenue de cette journée, a réagi depuis Saint-Petersbourg où il est actuellement en déplacement. "Une marée humaine, ça ne nous arrête pas (...), j'assume de ne pas présider à la lumière des sondages ou des manifestations, parce qu'on l'a trop fait", a-t-il déclaré. 

Ce samedi matin sur France Inter, Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, a invité le Président à "regarder par la fenêtre de son palais pour voir la vraie vie". Selon le député FI Alexis Corbière, cette journée de mobilisation pourrait être un prélude à une seconde journée, au mois de juin. 

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